samedi 8 décembre 2007

Les droits de l'homme version Sarko

Ces dernières semaines je me suis posé la question de ce que faisait réellement Sarkozy des droits de l'homme, après une campagne où il avait porté haut la question et après nommé une secrétaire d'état aux droits de l'homme.
Je me suis vraiment demandé ce quel était le rôle de ce secrétariat et je me suis senti déçu de le trouver moins virulent que pendant sa campagne...
Finalement, voilà comment je comprend sa politique :

C'est finalement la logique de la carotte et du bâton.
  • Côté bâton, les pays qu'il dénonce : Iran, Birmanie, voire d'une certaine manière le Darfour. Il dénonce publiquement, régulièrement, mobilise la communauté internationale, mobilise sa secrétaire aux droits de l'homme, cherche les sanctions ou les actions...
  • Côté carotte, les pays qu'ils veut encourager car ils s'engagent ou ont les moyens pour s'engager sur la voie des droits de l'homme : Russie, Chine, Libye... Il parle aux dirigeants des problèmes mais ne les dénoncent pas publiquement avec force. Il veut montrer que quand ces pays vont sur la bonne voix ils obtiennent des contrats, une reconnaissance sur la scène internationale, un engagement de partenariat voire d'amitié.

C'est simple et cohérent, et je pense que ça a toutes les chances d'être efficace. Mais ça limite l'éclat et la visibilité d'un secrétariat aux droits de l'homme... On se demande presque si c'est bien utile du coup.

Petit point sur ce qui est donc moins visible :
  • Chine : avec le numéro 1 chinbois et le 1er ministre, il aborde : la peine de mort, la convention de l'ONU sur les droits civils et politiques, le régime de circulation des journalistes qu'il souhaite voir prolongé au-delà des JO...
  • Russie : il a abordé 2 fois avec Poutine de : la Tchéchénie, la liberté de la presse, les manifestations d'homosexuels réprimées, les élections...

samedi 17 novembre 2007

Les fautes dans la bouche de Sarkozy

Depuis 6 mois je vois 2 fautes :

* le discours de Dakar, qui était bon presque en entier... mais cette "tradition africaine d'une vision cyclique du temps qui empêcherait l'homme africain de s'élancer vers l'avenir et d'entrer dans l'histoire" m'a d'abord laissé perplexe jusqu'à ce que je considère ça comme une faute.

* lors de la rencontre avec les pêcheurs, parler des français détenus au Tchad pour l'implication dans le lamentable projet de l'Arche de Zoé en disant "j'irais les chercher quoi qu'ils aient fait" est pour moi en contradiction avec son discours sur la souveraineté du Tchad. Au final, je crois (même si je n'en suis pas sûr) qu'il voulait montrer que son intention et sa responsabilité de président était de tout faire pour que ces français soient jugés en France. Mais c'est dit de façon loupée... Suffisamment pour que je pense que c'est une faute, vue les enjeux.

le pouvoir d'achat

Sarkozy voulait être le président du pouvoir d'achat...

Pour les 6 premiers mois, voici ceux qui sont concernés par des mesures sur le sujet :
* ceux qui payent l'ISF : réduction sur la résidence principale
* ceux qui payent plus de 50% de leur revenus en impôt et CSG-RDS : bouclier fiscal
* ceux qui ont emprunté pour leur résidence principale depuis mai 2007 : réduction/crédit d'impôt
* ceux qui font des heures supplémentaires (dans le privé et chez les profs essentiellement)
Et à un bien moindre niveau :
* prime à la cuve de fioul doublée, allocation logement pas mal en hausse, quelques mesures très ciblées pour certains fonctionnaires
* ceux qui ont des enfants scolarisés à l'étranger

Il reste à engager 3 mesures essentielles du projet présidentiel :
* la mise sous conditions des réductions de charges sociales pour les entreprises : des négociations sur les salaires, pas de salaires sous le SMIC (à partir du printemps)
* le basculement de charges sociales du travail vers la fiscalité écologique et la TVA (efficace pour le pouvoir d'achat si les entreprises augmentent alors les salaires) (pour 2009 ?)
* les réformes sur la grande distribution et la concurrence pour faire baisser des prix

Mais aussi :
* la réforme de l'assurance chômage qui doit notamment augmenter les indemnités les plus basses
* la réforme des retraites qui doit augmenter les petites retraites et les pensions de reversions
* l'assurance maladie qui doit mieux rembourser les lunettes et les frais dentaires
* le RSA (qui permet de gagner plus que le RMI)

Et potentiellement :
* la TVA sociale pourrait se mettre en oeuvre en diminuant les charges salariales, ce qui augmente le revenu net à la fin du mois
* la baisse globale de la pression fiscale peut globalement augmenter le pouvoir d'achat
* la croissance et le plein emploi fait augmenter les salaires
* l'isolation des bâtiments et autres économies d'énergie peuvent faire baisser les dépenses des ménages
* le déblocage des grilles salariales des régimes spéciaux en fin de carrière (si la réforme aboutit ainsi)
* vers la fin de dépôt de garantie pour un logement ?

Si courant 2008 les mesures ne suffisent pas à combler la hausse du coût de la vie pour la majorité des salariés, la crédibilité de Sarkozy et sa capacité d'agir risque d'en prendre un coup...
Je pense donc que sur ces sujets, il faudrait aller plus vite.

vendredi 16 novembre 2007

à propos des retraites

ça pourra changer, mais voilà ma pensée en ce moment.

1) la durée de cotisation doit dépendre de la durée d'espérance de vie
Donc doit augmenter au fur et à mesure que celle-ci augmente. C'est l'objet de la réforme Fillon de 2003, et je suis pour. Tant que le rapport temps de cotisation sur temps de retraite n'augmente pas, il n'y a pas de recul social.
MAIS la durée de cotisation devrait être plus ou moins longue selon les métiers, en fonction de la durée de vie moyenne associée à ceux-ci. C'est difficile à mettre en oeuvre, mais on peut trouver des métiers ou des catégories où l'injustice est criante. Je pense que ça pourrait moduler jusqu'à 2 ans en plus ou moins par rapport à la durée classique de cotisation, par exemple.
Pour info : à la SNCF, la durée moyenne de la retraite est de 26 ans, contre 20 ans en moyenne ailleurs... (avant la réforme en cours...)

2) La pénibilité d'un travail doit être compensée par une rémunération supérieure
Une prime de pénibilité pourrait se négocier au sein de l'entreprise.

3) travailler plus longtemps pour améliorer le système
Il faut notamment augmenter les petites retraites et améliorer les pension de reversion...
Pour le financer on peut cotiser plus (mais perte de pouvoir d'achat ou frein à l'embauche et l'augmentation pour les entreprises) ou on peut passer par l'impôt (donc on quitte la répartition et on creuse le déficit de l'Etat)... ça n'est pas bon. Il reste essentiellement l'allongement de la durée de cotisation (et ce que j'indique en 5) !

4) innover sur les fins de carrières !
Temps partiel, formation vers des métiers moins pénibles, transmission du savoir...
Le marché de l'emploi doit être dynamique et les salariés vont de toute façon avoir plusieurs expériences et formations au court de leur vie, mais il faudra être particulièrement attentif aux 10 dernières années.

5) Il faut aussi contrer l'effet démographique...
Moins de cotisants et plus de retraités... Alors pour stimuler les cotisations :
- favoriser l'immigration du travail
- favoriser la famille et la natalité
- ne pas dépasser 5% de chômage
- favoriser l'augmentation des salaires (économie prospère, plein emploi et dialogue social actif) ainsi que les plans d'épargne retraite
- si les cotisations chômage baissent, augmenter les cotisations retraites si nécessaire

samedi 10 novembre 2007

Bilan (6) des 6 mois

Le bilan des 6 mois est énorme par rapport aux précédents présidents... Mais pourtant l'impatience est là. D'après un sondage il y plus de français qui souhaitent que les réformes aillent plus vite que de français qui pensent l'inverse.

Pour les 6 premiers mois, côté projets réalisés :
- un gouvernement resserré, ouvert, divers, avec les regroupements annoncés sauf la culture et l'éducation, la commission des finances à l'opposition,
- paquet fiscal : heures supp, bouclier fiscal, défiscalisation du travail des étudiants, encadrement des parachutes dorés, déduction des intérêts d'emprunt, suppression d'une grande parti de l'impôt sur les successions, investissement d'une partie de l'ISF dans les entreprises. Reste à bien faire marcher la détaxation des heures supp', quand même.
- loi d'autonomie sur les universités ; apparemment plus de 60 ont déjà choisi ce statut
- service minimum : loi votée, mais on attend du concret pour janvier 2008...
- début de la suppression de la carte scolaire et des aides aux devoirs au collège le soir, lettre de Sarkozy aux enseignants, suppression du décret De Robien, commission de revalorisation du métier d'enseignant,un peu d'autonomie pour certains établissements mais moins que prévu, lecture de la lettre de Guy Môquet, terminale gratuite pour les lycéens expatriés (en vue d'une généralisation)
- encadrement du regroupement familial, contrat d'intégration pour les familles, quelques mesures pour favoriser l'immigration du travail et la coopérations de pays d'émigration,
- un plan d'hôpitaux-prison pour les années qui viennent, la réforme en cours de la carte judiciaire, les peines plancher et les multirécidivistes,
- augmentation du budget de l'université, simplification et augmentation du crédit impôt recherche, statut avantageux de la Jeune Entreprise Universitaire
- remplacement d'un fonctionnaire sur 3 (et non sur 2 pour commencer) partant à la retraite, augmentation en volume des dépenses à 0% en 2008, augmentation des investissements
- des franchises médicale, un plan alzeimer pour bientôt, tarification à l'activité des hôpitaux, reforme en cours de leur gouvernance, incitation des médecins à s'installer dans des zones où il en manquent
- un livre blanc en cours pour le projet et l'organisation de notre défense
- fusion en cours de l'ANPE et l'UNEDIC, de la DST et des RG, des services des impôts, la gestion des gendarmes par l'Intérieur,
- la réforme des régime spéciaux en cours
- quelques musées testent la gratuité à partir de janvier
- etc.

En cours également :
- reforme de la loi Galant et diverses mesures pour les consommateurs à la fin de l'année
- commission de libération de la croissance
- réforme globale des prélèvement obligatoires au printemps
- la revue générale des politiques publiques (décisions en mai 2008)

Les choses en retard :
- repoussé au printemps même si le travail est en cours : loi pénitentiaire, réforme des institutions, la nouvelle loi de sécurité intérieure,
- pas de date : contrat d'union civile, statut de beau-parent,
- les OGM : suspension en attendant un comité début 2008
- toutes les négociations avec les partenaires sociaux : contrat de travail, chômage, etc. semble pour début 2008. La représentativité des syndicats semble pour 2008.
- TVA sociale : inclue dans une réforme globale en 2008, si elle est décidée

Les choses supprimées ou changées :
- la plan Marshall 2 pour la formation dans les banlieues : Fadela Amara a carte blanche pour son plan qui sera présenté bientôt
- la défiscalisation pour 10 ans des biocarburants : le Grennelle voit les choses autrement, réponse plus tard...

Côté politique étrangère :
- traité simplifié en Europe, retour de la France en Europe (dialogue, symboles, proposition, source de débats, engagement politique, changement de discours, etc.)
- une préparation fantastique de la présidence française pour le second semestre 2008
- un discours d'amitié et d'indépendance avec les USA, avec des messages forts sur l'environnement, le dollar, la spéculation / la concurrence... On attend maintenant les résultats
- un discours franc avec Poutine, mais pour l'instant sans résultat
- un discours sur l'Afrique nouveau et intéressant, mais flou sur cette "vision traditionnelle cyclique du temps qui empêche de s'élancer vers l'avenir et d'entrer complètement dans l'histoire"
- la libération des infirmières en Lybie, l'activisme pour Bettancour
- l'appel à l'union de la méditerranée, avec une invitation pour juin 2008
- un voyage au Maroc exemplaire
- une nouvelle implication pour le dialogue et la paix au Darfour, au Liban, en Irak...
- etc. etc.

lundi 22 octobre 2007

bilan (5) loi sur l'immigration

C'était un engagement de la campagne de Sarkozy, c'est désormais voté, avec quelques "bonus" qui ont fait parlé d'eux...

On peut présenter la loi selon différents angles, par exemple :
- elle offre une formation en Français aux candidats à l'immigration dans leur pays d'origine, pour leur faciliter l'intégration en France
- elle s'assure que les enfants arrivant en France seront accueillis dans une famille qui a un minimum de moyens pour les faire vivre
- elle crée un contrat d'accueil et d'intégration pour la famille qui utilise le regroupement familial
- une possibilité ou une facilité pour accueillir des personnes dont l'état civil est incomplet ou douteux d'être accepté (et rapidement) par la proposition d'un test génétique qui valide la parenté
- elle tend à conserver les titres de séjour des personnes subissant des violences conjugales
- elle facilite la régularisation de sans-papiers disposant d’une promesse d’embauche dans un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement
- elle met la France en conformité avec des directives européennes

On peut aussi dire :
- elle retarde l'arrivée en France de ceux qui ne parlent pas français (de 2 mois maximum)
- elle empêche les plus pauvres de faire venir leur enfants (en dessous du SMIC)
- elle introduit l'utilisation de la génétique alors que le débat sur la bioéthique inclinait à le limiter au "judiciaire" (malgré l'encadrement et le test sur 18 mois)

Le plus gros reproche que je fais à cette loi, c'est qu'elle n'humanise toujours pas le parcours de demandeur d'asile, et pour la France c'est une vraie honte. cf. http://www.maitre-eolas.fr/2007/11/22/789-bilan-rapide-de-la-loi-hortefeux

Au final je crois que ça boucle l'encadrement de l'asile et du regroupement familial entrepris depuis 2002. Pour aller plus loin dans ce sens il n'y que les quotas à mon avis, et je ne sais pas s'ils vont aller jusque là.
Par contre pour que l'immigration du travail deviennent 50% de notre immigration, il y a encore du boulot. Et puisque l'immigration familial pourra diminuer mais pas drastiquement, il faudra augmenter sensiblement le nombre d'immigrés du travail.

A suivre, donc...