lundi 16 avril 2007

Le libéralisme de Sarkozy

Sarkozy est-t-il libéral ?

Côté économique, assez peu, il veut trouver un équilibre entre protectionnisme et libéralisme. Son projet comporte beaucoup de propositions "protectrices", qui sont très éloignées du libéralisme :
- TVA sociale, qui taxe les importations
- taxe carbone sur les produits importés de pays qui n'ont pas signé Kyoto
- suppression des parachutes en or
- vocabulaire de "patrons voyous" pour qui il faut "une tolérance double zéro"
- moralisation au niveau européen du capitalisme financier
- ne pas laisser la gouvernance de l'euro aux seuls banquiers
- faire tout pour favoriser un capitalisme d'entrepreurs plutôt que de spéculateurs
- obliger les stocks-options a être proposée à tous les salariés ou à personne
- conditionner le maintient des allégements de charges aux branches qui augmentent les salaires
- moduler l'imposition ou les charges des sociétés en fonction de leur politique de l'emploi
- investissements de l'Etat dans les territoires sinistrés pour y mener une politique industrielle
- prise de participation temporaire dans des entreprises en difficulté pour soutenir un projet industriel
- ne pas trouver normal qu'une entreprise verse des dividendes alors qu'elle se lance dans un plan social (par exemple en tant qu'Etat actionnaire chez Airbus)
- ne pas trouver normal qu'une entreprise ne récompense pas ses salariés après des années d'efforts et alors que les commandes sont au rendez-vous (chez Alstom par exemple)
- se mêler des fusions - acquisitions même si l'Etat n'est pas actionnaire (comme Sanofi - Aventis)
- vouloir la préférence Européenne
- souhaiter pour l'Europe et l'Afrique une agriculture qui soit avant tout vivrière et non pour l'exportation
- se battre pour une organisation mondiale de l'environnement (qui pèserait devant l'OMC)
- considérer qu'il faut de l'emploi sur tout le territoire français, et non pas simplement là où va naturellement le marché
- faire des marchés public qui ne se basent pas que sur le coût, mais aussi sur l'écologie, la taille de l'entreprise (PME/non), la promotion de la diversité, etc. Acheter bio dans les cantines ; etc.
- assumer un bilan contrasté de la mondialisation
- ne pas considérer que si des emplois industriels sont détruits ici, c'est pas grave car des emplois de services seraient créés plus loin...
- demander aux nouveaux pays de l'Europe de choisir entre les aides européennes et le dumping fiscal
- demander à ce que les aides culturelles soient définitivement mis en dehors des règles de concurrence en Europe
- etc.


Par contre, il est libéral en terme de responsabilité individuelle des gens.
Pour lui il faut donner à tous les moyens de faire des études, de prendre des risques, de créer, de trouver un emploi ou un formation, d'avoir une seconde chance. Et faire un système qui récompense la prise de risque (la responsabilité) et la travail (l'effort) (et éventuellement discrimination positive s'il y a des injustices qui font que l'égalité des chances n'est pas assurée). Un système qui ne se base pas sur le piston ou sa situation à sa naissance.
Une fois qu'un système comme ça est en place, il considère que c'est la responsabilité de chacun de faire le choix d'avoir tel ou tel boulot, telle ou telle rémunération, telle ou telle retraite. Et qu'il ne faut pas attendre des droits ou des allocations du système pour que sa situation change. Si tu n'est pas prêt à faire d'effort, l'Etat n'est pas en obligation de t'aider. Et tu n'as pas à être jaloux d'un type qui gagne plus que toi, car si c'est la cas c'est qu'il a plus bossé ou pris plus de risque... du moins c'est l'idée générale.

Sur la question de la liberté et responsabilité individuelle, il est effectivement très libéral. Et c'est là qu'un type comme Borloo ou d'autres de centre droit sont utiles pour éviter les dérives toujours possibles.

Economiquement, il est en fait tout simplement gauliste, mais pas libéral.