ça fait pas mal de jours que je me demande si je vais écrire quelque chose. Vous le savez bien, quand on est militant, quand on a des convictions, on a envie de se battre pour elles.
Je n'ai pas voté au 1er tour de 2002, et je ne le regrette pas. Aucun candidat, aucun projet ne m'a convaincu. J'ai voté ensuite escro plutôt que facho, bien sûr. Depuis je regarde avec plus d'attention la politique nationale. Depuis 3 ans j'y ai même passé des heures et des heures par semaine. Car je voulais tout faire pour pouvoir saisir l'opportunité de voter POUR un candidat et un projet si l'occasion se présentait. Sans trop y croire, c'est vrai. Et comme ma confiance dans les médias est plus que faible, ça demande du temps pour chercher des informations, chercher des sources contradictoires, les juger et se faire son opinion.
Je pense que la plupart d'entre vous vont une nouvelle fois vivre une élection en votant contre. Seulement un peu plus de 30% des électeurs de Royal ont voté pour elle pour son projet au 1er tour (+ de 60% pour Sarkozy ou + de 50% pour les antilibéraux), et les raliements qui vont venir de sa gauche et du centre ne le feront clairement pas pour son projet.
Je ne vous envoie pas ce mail pour vous dissuader de voter contre. Parce que je respecte le vote de chacun, et parce que ce serait illusoire :-)
Mais je réfléchis aux mécanismes qui amènent à vouloir voter contre, à comment naît la peur.
Eric Besson, ancien secrétaire national du PS, socialiste depuis plus de 25 ans, qui faisait parti de l'équipe de campagne de Royal, parle de cette peur-là.
Il déclare hier soir (et dans son livre) : "Dès l'automne 2006, il était déjà limpide pour beaucoup d'entre nous que sur les idées et sur la capacité à gouverner, Ségolène Royal n'avait guère de chance de l'emporter face à Nicolas Sarkozy". Dès lors, la seule chance de victoire était de faire peur aux Français, à une majorité de Français. Il affirme avoir participé à cette machine à faire peur. Il a co-signé ainsi en janvier un document anti-Sarkozy d'une violence extrême. Il le traitait notamment de "néo-conservateur américain à passeport français". Il était convaincu que c'était faux, s'en est excusé depuis. Mais je ne doute pas que beaucoup ont pourtant pris entièrement pour vrai ce document (en toute bonne foi), tout comme les autres efforts pour susiter la peur. "Cette entreprise de diabolisation, ce scepticisme quant à la capacité à faire élire l'une sans diaboliser et sans susciter la peur de l'autre, n'en doutez pas, vous allez la voir à l'oeuvre pendant toute la durée de cet entre-deux tours", a-t-il dit ce soir.
Bien sûr, on peut juger que lui-même n'est pas une source fiable. Personnellement, en étudiant un peu le personnage, le contexte, l'intégralité de ses déclarations, et en recoupant avec d'autres, j'ai trouvé ça très fiable. Mais chacun est libre.
La machine a faire peur va marcher à fond entre les 2 tours, j'en suis convaincu.
Je comprends que pour beaucoup cette peur soit crédible : quand tout son entourage, quand les associations qu'on cotoit, quand les politiques qu'on écoute voire quelque fois les médias vont tous dans le même sens, ça fait quand même du poids. Et quand une rumeur, un texte présenté comme un témoignage ou une information va dans le sens de ce qu'on imagine déjà a priori, ça a encore plus de poids.
Cette peur a aussi l'avantage de cristalliser un ennemi, ce qui permet d'incarner ses convictions dans un combat.
C'est aussi l'occasion de se sentir du bon côté, du côté des gentils qui combattent des méchants.
ça fait pas mal de jours que je me demande si je vais écrire quelque chose. Vous le savez bien, quand on est militant, quand on a des convictions, on a envie de se battre pour elles.
Je n'ai pas voté au 1er tour de 2002, et je ne le regrète pas. Aucun candidat, aucun projet ne m'a convaincu. J'ai voté ensuite escro plutôt que facho, bien sûr. Depuis je regarde avec plus d'attention la politique nationale. Depuis 3 ans j'y ai même passé des heures et des heures par semaine. Car je voulais tout faire pour pouvoir saisir l'oportunité de voter POUR un candidat et un projet si l'occasion se présentait. Sans trop y croire, c'est vrai. Et comme ma confiance dans les médias est plus que faible, ça demande du temps pour chercher des informations, chercher des sources contradictoires, les juger et se faire son opinion.
Cette machine a évidemment une part de vérité, elle se base parfois sur des éléments réels. C'est ce qui fait sa force.
Evidemment faire peur fait parti du jeu pour convaincre en politique ou pour toute action de lobbying. Elle est utilisée quasiment partout, personne ne me semble innocent là-dessus et ce n'est finalement pas ça qui m'inquiète. Ce que je trouve dangereux, c'est quand elle devient l'instrument unique pour convaincre des électeurs, quand elle est actionnée par tout un ensemble de partis, d'associations, de personnes, et que certains se retrouvent à écouter uniquement le son de cette machine-là.
Cette machine à faire peur, je la trouve donc inquiétante pour notre démocratie, et pour notre avenir à vivre dans une société qui se respecte au-delà des clivages partisans.
Voilà, je ne pense pas que ce mail intéresse grand monde, mais j'avais sincèrement envie de vous faire partager ma réflexion du jour.
Si certains veulent m'apporter leur propres réflexions, j'en serais ravi. La diversité des convictions est pour moi une richesse !
En tout cas bon vote à tous !
mercredi 25 avril 2007
lundi 23 avril 2007
Et Bayrou alors ?
Je ne crois pas à un appel au vote pour Sarkozy, je n'y ai jamais cru.
Il avait parlé de créer un nouveau parti du centre, je pense qu'il va le faire.
Sera-t-il beaucoup suivi ? Moins que son résultat en tout cas car c'était pour beaucoup un vote contre, voire un vote anti-système.
Que fera ce centre ? Soit des accords de parti à droite ou à gauche pour participer à un gouvernement. Soit un rôle d'arbitre à chaque projet de loi, si personne n'a la majorité absolue.
Donc 2 possibilités :
- soit Bayrou joue la neutralité totale et ne désigne personne en préférence pour le second tour. Il construit son parti, tente les législative, et tente de trouver sa place (si possible d'arbitre) à l'assemblée.
- soit il voit que si Sarkozy passe l'UMP a une chance d'avoir une majorité absolue (et donc le centre serait anecdotique) ; alors que si Royal passe, elle aura besoin d'une alliance, et certainement le centre. Il a déjà dit dans la campagne "il n'y a pas plus opposé que moi et Sarkozy" voire "Je suis parfois plus à gauche que Royal". Alors pourquoi pas pousser au vote Royal, mais discrètement, genre "entre 2 mals choisir le moindre".
Le candidat anti-système Le Pen avait en 95 appelé ne pas voter Chirac (Jospin était le pire et Chirac le pire du pire...). Alors pourquoi pas Bayrou cette année contre Sarkozy.
Je préfère des anti-systèmes au centre que dans les extrêmes, mais est-ce que ça tiendra ?
Il avait parlé de créer un nouveau parti du centre, je pense qu'il va le faire.
Sera-t-il beaucoup suivi ? Moins que son résultat en tout cas car c'était pour beaucoup un vote contre, voire un vote anti-système.
Que fera ce centre ? Soit des accords de parti à droite ou à gauche pour participer à un gouvernement. Soit un rôle d'arbitre à chaque projet de loi, si personne n'a la majorité absolue.
Donc 2 possibilités :
- soit Bayrou joue la neutralité totale et ne désigne personne en préférence pour le second tour. Il construit son parti, tente les législative, et tente de trouver sa place (si possible d'arbitre) à l'assemblée.
- soit il voit que si Sarkozy passe l'UMP a une chance d'avoir une majorité absolue (et donc le centre serait anecdotique) ; alors que si Royal passe, elle aura besoin d'une alliance, et certainement le centre. Il a déjà dit dans la campagne "il n'y a pas plus opposé que moi et Sarkozy" voire "Je suis parfois plus à gauche que Royal". Alors pourquoi pas pousser au vote Royal, mais discrètement, genre "entre 2 mals choisir le moindre".
Le candidat anti-système Le Pen avait en 95 appelé ne pas voter Chirac (Jospin était le pire et Chirac le pire du pire...). Alors pourquoi pas Bayrou cette année contre Sarkozy.
Je préfère des anti-systèmes au centre que dans les extrêmes, mais est-ce que ça tiendra ?
Résultats du 1er tour !
1ère bonne nouvelle : la participation. D'abord pour ne pas revivre le 21 avril 2002, certainement. Ensuite car il y a des têtes nouvelles avec souvent des façon de faire nouvelles (et alors même qu'on veut tourner la page Chirac !). Et enfin je rajouterais que le nombre de sujets abordés a été énorme, et Sarkozy y est pour quelque chose.
2ème bonne nouvelle : Le Pen à moins de 11%. 1 millions d'électeurs perdus par rapport à 2002. 1,3 million pour l'extrême droite en général. Bon débarras. Même si selon les 5 ans qui viennent, ce mouvement peut revenir. Mais il devra se battre pour la succession dans un climat morose, ça va prendre quelque temps... En tout cas merci à Sarkozy qui en est largement responsable, à mon avis.
3ème bonne nouvelle : on tourne une page ! Pas mal de candidats partent à la retraite. Notre paysage politique semble se dessiner autour de l'UMP, du PS et du centre. Un FN qui je l'espère va continuer à descendre, et une extrême gauche faible et essentiellement représentée par Besancenot (le seul à y gagner en nombre d'électeurs par rapport à 2002).
Sinon, il y a quand même 31% pour Sarkozy, 11 millions de votants. C'est énorme. Je crois que la gauche qui tente de le présenter comme un héritier de Chirac, quelqu'un qui va continuer comme lui, a tort. Personne n'y crois sauf ceux qui votent déjà à coup sûr contre Sarko, alors quel intérêt ?
D'après un sondage à la sortie des urnes, 68% des électeurs de Sarkozy ont voté POUR lui, contre 42% de ceux pour Royal.
Ce qui veut dire que si Royal est élue, elle faire semblant de croire que tout le monde veut son "Pacte Présidentiel" alors que pas du tout... Ni les autres partis de gauche qui appellent à voter pour elle, ni presque 60% de ses électeurs n'en veulent... Entre le fait qu'elle ne dit pas tout dans son programme (par exemple l'agilité pour les entreprises, ça veut dire quoi ? des facilités de licenciement ??), et le fait que les gens vont voter contre Sarkozy et non pour elle, ça promet des mauvaises surprises ou de l'immobilisme...
Inversement, si Sarkozy est élu il réussira son pari de se faire élire sur un projet. Ce qui serait une première depuis longtemps et peut amener un souffle nouveau sur la façon de faire de la politique... C'est en tout cas ce que j'attends.
Enfin, une gauche à 35% (44% si on compte la moitié des voies de Bayrou) après 5 ans de gouvernement de droite au bilan pour le moins mitigé (c'est rien de le dire, hein ?), c'est très peu. La gauche a sérieusement besoin d'un retour sur ses échecs, d'un renouvellement idéologique, d'un renouvellement dans la façon de faire. Je le souhaite très fort !
2ème bonne nouvelle : Le Pen à moins de 11%. 1 millions d'électeurs perdus par rapport à 2002. 1,3 million pour l'extrême droite en général. Bon débarras. Même si selon les 5 ans qui viennent, ce mouvement peut revenir. Mais il devra se battre pour la succession dans un climat morose, ça va prendre quelque temps... En tout cas merci à Sarkozy qui en est largement responsable, à mon avis.
3ème bonne nouvelle : on tourne une page ! Pas mal de candidats partent à la retraite. Notre paysage politique semble se dessiner autour de l'UMP, du PS et du centre. Un FN qui je l'espère va continuer à descendre, et une extrême gauche faible et essentiellement représentée par Besancenot (le seul à y gagner en nombre d'électeurs par rapport à 2002).
Sinon, il y a quand même 31% pour Sarkozy, 11 millions de votants. C'est énorme. Je crois que la gauche qui tente de le présenter comme un héritier de Chirac, quelqu'un qui va continuer comme lui, a tort. Personne n'y crois sauf ceux qui votent déjà à coup sûr contre Sarko, alors quel intérêt ?
D'après un sondage à la sortie des urnes, 68% des électeurs de Sarkozy ont voté POUR lui, contre 42% de ceux pour Royal.
Ce qui veut dire que si Royal est élue, elle faire semblant de croire que tout le monde veut son "Pacte Présidentiel" alors que pas du tout... Ni les autres partis de gauche qui appellent à voter pour elle, ni presque 60% de ses électeurs n'en veulent... Entre le fait qu'elle ne dit pas tout dans son programme (par exemple l'agilité pour les entreprises, ça veut dire quoi ? des facilités de licenciement ??), et le fait que les gens vont voter contre Sarkozy et non pour elle, ça promet des mauvaises surprises ou de l'immobilisme...
Inversement, si Sarkozy est élu il réussira son pari de se faire élire sur un projet. Ce qui serait une première depuis longtemps et peut amener un souffle nouveau sur la façon de faire de la politique... C'est en tout cas ce que j'attends.
Enfin, une gauche à 35% (44% si on compte la moitié des voies de Bayrou) après 5 ans de gouvernement de droite au bilan pour le moins mitigé (c'est rien de le dire, hein ?), c'est très peu. La gauche a sérieusement besoin d'un retour sur ses échecs, d'un renouvellement idéologique, d'un renouvellement dans la façon de faire. Je le souhaite très fort !
lundi 16 avril 2007
Le libéralisme de Sarkozy
Sarkozy est-t-il libéral ?
Côté économique, assez peu, il veut trouver un équilibre entre protectionnisme et libéralisme. Son projet comporte beaucoup de propositions "protectrices", qui sont très éloignées du libéralisme :
- TVA sociale, qui taxe les importations
- taxe carbone sur les produits importés de pays qui n'ont pas signé Kyoto
- suppression des parachutes en or
- vocabulaire de "patrons voyous" pour qui il faut "une tolérance double zéro"
- moralisation au niveau européen du capitalisme financier
- ne pas laisser la gouvernance de l'euro aux seuls banquiers
- faire tout pour favoriser un capitalisme d'entrepreurs plutôt que de spéculateurs
- obliger les stocks-options a être proposée à tous les salariés ou à personne
- conditionner le maintient des allégements de charges aux branches qui augmentent les salaires
- moduler l'imposition ou les charges des sociétés en fonction de leur politique de l'emploi
- investissements de l'Etat dans les territoires sinistrés pour y mener une politique industrielle
- prise de participation temporaire dans des entreprises en difficulté pour soutenir un projet industriel
- ne pas trouver normal qu'une entreprise verse des dividendes alors qu'elle se lance dans un plan social (par exemple en tant qu'Etat actionnaire chez Airbus)
- ne pas trouver normal qu'une entreprise ne récompense pas ses salariés après des années d'efforts et alors que les commandes sont au rendez-vous (chez Alstom par exemple)
- se mêler des fusions - acquisitions même si l'Etat n'est pas actionnaire (comme Sanofi - Aventis)
- vouloir la préférence Européenne
- souhaiter pour l'Europe et l'Afrique une agriculture qui soit avant tout vivrière et non pour l'exportation
- se battre pour une organisation mondiale de l'environnement (qui pèserait devant l'OMC)
- considérer qu'il faut de l'emploi sur tout le territoire français, et non pas simplement là où va naturellement le marché
- faire des marchés public qui ne se basent pas que sur le coût, mais aussi sur l'écologie, la taille de l'entreprise (PME/non), la promotion de la diversité, etc. Acheter bio dans les cantines ; etc.
- assumer un bilan contrasté de la mondialisation
- ne pas considérer que si des emplois industriels sont détruits ici, c'est pas grave car des emplois de services seraient créés plus loin...
- demander aux nouveaux pays de l'Europe de choisir entre les aides européennes et le dumping fiscal
- demander à ce que les aides culturelles soient définitivement mis en dehors des règles de concurrence en Europe
- etc.
Par contre, il est libéral en terme de responsabilité individuelle des gens.
Pour lui il faut donner à tous les moyens de faire des études, de prendre des risques, de créer, de trouver un emploi ou un formation, d'avoir une seconde chance. Et faire un système qui récompense la prise de risque (la responsabilité) et la travail (l'effort) (et éventuellement discrimination positive s'il y a des injustices qui font que l'égalité des chances n'est pas assurée). Un système qui ne se base pas sur le piston ou sa situation à sa naissance.
Une fois qu'un système comme ça est en place, il considère que c'est la responsabilité de chacun de faire le choix d'avoir tel ou tel boulot, telle ou telle rémunération, telle ou telle retraite. Et qu'il ne faut pas attendre des droits ou des allocations du système pour que sa situation change. Si tu n'est pas prêt à faire d'effort, l'Etat n'est pas en obligation de t'aider. Et tu n'as pas à être jaloux d'un type qui gagne plus que toi, car si c'est la cas c'est qu'il a plus bossé ou pris plus de risque... du moins c'est l'idée générale.
Sur la question de la liberté et responsabilité individuelle, il est effectivement très libéral. Et c'est là qu'un type comme Borloo ou d'autres de centre droit sont utiles pour éviter les dérives toujours possibles.
Economiquement, il est en fait tout simplement gauliste, mais pas libéral.
Côté économique, assez peu, il veut trouver un équilibre entre protectionnisme et libéralisme. Son projet comporte beaucoup de propositions "protectrices", qui sont très éloignées du libéralisme :
- TVA sociale, qui taxe les importations
- taxe carbone sur les produits importés de pays qui n'ont pas signé Kyoto
- suppression des parachutes en or
- vocabulaire de "patrons voyous" pour qui il faut "une tolérance double zéro"
- moralisation au niveau européen du capitalisme financier
- ne pas laisser la gouvernance de l'euro aux seuls banquiers
- faire tout pour favoriser un capitalisme d'entrepreurs plutôt que de spéculateurs
- obliger les stocks-options a être proposée à tous les salariés ou à personne
- conditionner le maintient des allégements de charges aux branches qui augmentent les salaires
- moduler l'imposition ou les charges des sociétés en fonction de leur politique de l'emploi
- investissements de l'Etat dans les territoires sinistrés pour y mener une politique industrielle
- prise de participation temporaire dans des entreprises en difficulté pour soutenir un projet industriel
- ne pas trouver normal qu'une entreprise verse des dividendes alors qu'elle se lance dans un plan social (par exemple en tant qu'Etat actionnaire chez Airbus)
- ne pas trouver normal qu'une entreprise ne récompense pas ses salariés après des années d'efforts et alors que les commandes sont au rendez-vous (chez Alstom par exemple)
- se mêler des fusions - acquisitions même si l'Etat n'est pas actionnaire (comme Sanofi - Aventis)
- vouloir la préférence Européenne
- souhaiter pour l'Europe et l'Afrique une agriculture qui soit avant tout vivrière et non pour l'exportation
- se battre pour une organisation mondiale de l'environnement (qui pèserait devant l'OMC)
- considérer qu'il faut de l'emploi sur tout le territoire français, et non pas simplement là où va naturellement le marché
- faire des marchés public qui ne se basent pas que sur le coût, mais aussi sur l'écologie, la taille de l'entreprise (PME/non), la promotion de la diversité, etc. Acheter bio dans les cantines ; etc.
- assumer un bilan contrasté de la mondialisation
- ne pas considérer que si des emplois industriels sont détruits ici, c'est pas grave car des emplois de services seraient créés plus loin...
- demander aux nouveaux pays de l'Europe de choisir entre les aides européennes et le dumping fiscal
- demander à ce que les aides culturelles soient définitivement mis en dehors des règles de concurrence en Europe
- etc.
Par contre, il est libéral en terme de responsabilité individuelle des gens.
Pour lui il faut donner à tous les moyens de faire des études, de prendre des risques, de créer, de trouver un emploi ou un formation, d'avoir une seconde chance. Et faire un système qui récompense la prise de risque (la responsabilité) et la travail (l'effort) (et éventuellement discrimination positive s'il y a des injustices qui font que l'égalité des chances n'est pas assurée). Un système qui ne se base pas sur le piston ou sa situation à sa naissance.
Une fois qu'un système comme ça est en place, il considère que c'est la responsabilité de chacun de faire le choix d'avoir tel ou tel boulot, telle ou telle rémunération, telle ou telle retraite. Et qu'il ne faut pas attendre des droits ou des allocations du système pour que sa situation change. Si tu n'est pas prêt à faire d'effort, l'Etat n'est pas en obligation de t'aider. Et tu n'as pas à être jaloux d'un type qui gagne plus que toi, car si c'est la cas c'est qu'il a plus bossé ou pris plus de risque... du moins c'est l'idée générale.
Sur la question de la liberté et responsabilité individuelle, il est effectivement très libéral. Et c'est là qu'un type comme Borloo ou d'autres de centre droit sont utiles pour éviter les dérives toujours possibles.
Economiquement, il est en fait tout simplement gauliste, mais pas libéral.
samedi 14 avril 2007
Spécial Rama Yade !
Juste un billet pour rassembler les liens sur elles :
* Portrait :
Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ramatoulaye_Yade
* Interview et plus :
L'internaute : http://www.linternaute.com/actualite/interviews/07/rama-yade-zimet/rama-yade-zimet-chat.shtml
Jeune Afrique : http://www.nettali.net/spip.php?article3052
Via l'UMP : http://www.2007nicolassarkozy59.com/article-5783759.html
Article de libé : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/244907.FR.php
Invité de France Culture le 13 février 2007 (par bribes sur 2h) : http://www.tv-radio.com/ondemand/france_culture/MATINS/MATINS20070213.ram
* Actions :
Francophonie : 15 propositions : http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/actualites/15_propositions_pour_une_nouvelle_francophonie
Diversité visible : http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/communiques/pierre_n_gahane_nouveau_prefet_a_l_egalite_des_chances
Propositions sur la diversité : http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/actualites/la_diversite_une_richesse_pour_l_identite_francaise
* Passage à Rouen le 24 avril : ?
* Passage à Saint-Brieuc le 16 avril 2007 :
http://www.jeunespopulaires22.com/article.php3?id_article=173
* Passage au Mans le 12 avril 2007 :
Texte de son discours : http://ump72.over-blog.com/article-6375269.html
Un extrait à l'intérieur de cette vidéo : http://www.sarkozy.fr/video/index.php?intChannelId=2&intVideoId=756
* Passage à Brest le 30 mars 2007 :
Un article : http://ump29.brest2.free.fr/wordpress2/?p=208
Des photos : http://jeunespopulaires29.free.fr/ramayade.htm
* 13ème circonscription de Seine-Saint-Denis :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/rama%2Byade/video/x1ghnp_rama-yade-8-mars
* Passage en Alençon le 2 mars :
http://www.jeunesump61.com/article.php?sid=243&thold=0
http://www.jeunesump61.com/article.php?sid=245
http://www.alencon.maville.com/actu/re/actudet/actu_dep-382058---Rama-Yade,-femme,-noire,-jeune-et-de-droite_.html
* Passage au congrès d'investiture de Sarkozy le 14 janvier :
Vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x1035g_rama-yade
Texte : http://damocles.hautetfort.com/archive/2007/01/19/rama-yade-14-01-07.html
Article : http://fr.news.yahoo.com/04032007/202/rama-yade-une-jeune-etoile-montante-dans-l-equipe-de.html
* Portrait :
Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ramatoulaye_Yade
* Interview et plus :
L'internaute : http://www.linternaute.com/actualite/interviews/07/rama-yade-zimet/rama-yade-zimet-chat.shtml
Jeune Afrique : http://www.nettali.net/spip.php?article3052
Via l'UMP : http://www.2007nicolassarkozy59.com/article-5783759.html
Article de libé : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/244907.FR.php
Invité de France Culture le 13 février 2007 (par bribes sur 2h) : http://www.tv-radio.com/ondemand/france_culture/MATINS/MATINS20070213.ram
* Actions :
Francophonie : 15 propositions : http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/actualites/15_propositions_pour_une_nouvelle_francophonie
Diversité visible : http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/communiques/pierre_n_gahane_nouveau_prefet_a_l_egalite_des_chances
Propositions sur la diversité : http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/actualites/la_diversite_une_richesse_pour_l_identite_francaise
* Passage à Rouen le 24 avril : ?
* Passage à Saint-Brieuc le 16 avril 2007 :
http://www.jeunespopulaires22.com/article.php3?id_article=173
* Passage au Mans le 12 avril 2007 :
Texte de son discours : http://ump72.over-blog.com/article-6375269.html
Un extrait à l'intérieur de cette vidéo : http://www.sarkozy.fr/video/index.php?intChannelId=2&intVideoId=756
* Passage à Brest le 30 mars 2007 :
Un article : http://ump29.brest2.free.fr/wordpress2/?p=208
Des photos : http://jeunespopulaires29.free.fr/ramayade.htm
* 13ème circonscription de Seine-Saint-Denis :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/rama%2Byade/video/x1ghnp_rama-yade-8-mars
* Passage en Alençon le 2 mars :
http://www.jeunesump61.com/article.php?sid=243&thold=0
http://www.jeunesump61.com/article.php?sid=245
http://www.alencon.maville.com/actu/re/actudet/actu_dep-382058---Rama-Yade,-femme,-noire,-jeune-et-de-droite_.html
* Passage au congrès d'investiture de Sarkozy le 14 janvier :
Vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x1035g_rama-yade
Texte : http://damocles.hautetfort.com/archive/2007/01/19/rama-yade-14-01-07.html
Article : http://fr.news.yahoo.com/04032007/202/rama-yade-une-jeune-etoile-montante-dans-l-equipe-de.html
vendredi 13 avril 2007
Ces médias qui nous divisent ?
Quelles sont les conséquences de la caricature de Sarkozy par les médias ?
A mon avis 4 choses :
1) ça simplifie les choses, permet de faire des choses courtes, des choses facilement vendables
2) ça rassemble la droite droite autour de Sarkozy. En ce sens cela fait le jeu de Sarkozy qui cherche à faire revenir les électeurs partis au FN vers la droite républicaine. Et c'est sans doute pour ça qui ne cherche pas trop à lutter contre cette caricature.
3) ça donne du grain à moudre à ceux qui veulent lutter contre Sarkozy ou la droite : on leur sert un ennemi parfait
4) et tout ça fait du spectacle : les pro-Sarkozy super à droite, les contre super contre... De belles images, de la violence dans les mots et les gestes... de quoi vendre de la pub !
Avec tout ça va peut-être aider Sarkozy à être élu (via la droite), mais ne l'aide pas à rassembler... S'il y arrive ce sera malgré les médias... A suivre...
A mon avis 4 choses :
1) ça simplifie les choses, permet de faire des choses courtes, des choses facilement vendables
2) ça rassemble la droite droite autour de Sarkozy. En ce sens cela fait le jeu de Sarkozy qui cherche à faire revenir les électeurs partis au FN vers la droite républicaine. Et c'est sans doute pour ça qui ne cherche pas trop à lutter contre cette caricature.
3) ça donne du grain à moudre à ceux qui veulent lutter contre Sarkozy ou la droite : on leur sert un ennemi parfait
4) et tout ça fait du spectacle : les pro-Sarkozy super à droite, les contre super contre... De belles images, de la violence dans les mots et les gestes... de quoi vendre de la pub !
Avec tout ça va peut-être aider Sarkozy à être élu (via la droite), mais ne l'aide pas à rassembler... S'il y arrive ce sera malgré les médias... A suivre...
vendredi 6 avril 2007
3 choses sur le projet de politique culturelle
Après son discours du 4 avril et d'autres, je veux indiquer 3 choses que je retiens du projet de politique culturelle de Sarkozy.
1) La culture comme fondement essentiel d'un projet de civilisation
A partir du moment où on porte un projet de civilisation, la culture est non seulement indispensable mais fondamentale.
Ainsi, il va se battre pour que l'Europe ne puisse pas empêcher les subventions publiques à la culture. Si l'Europe considère la culture comme un marchandise comme les autres, c'est qu'elle renonce à être un projet de civilisation.
2) La transmission de notre culture comme transmission de notre identité.
Il y a une culture française. Notre identité est une identité culturelle. D'autant plus que la France n'est pas une ethnie, une race, des frontières tracées depuis des millénaires... la France n'a jamais été une évidence, mais une construction, une synthèse, un projet.
Il est donc fondamental pour lui que cette culture soit partagée par tous, sinon on renonce à notre identité, à notre vivre ensemble.
Plus généralement, la culture et l'art c'est aussi une certaine idée de l'homme, de notre identité humaine. Cela rejoint des considérations spirituelles. C'est aussi une question de bien-être.
Cette culture, c'est un patrimoine et c'est des créations.
Mais pour lui le problème principal, c'est une panne dans la transmission de cette culture : comment transmettre cette culture à tous ?
-> un ministère commun "éducation nationale et culture", pour transmettre note patrimoine culturel, pour apprendre notre langue, nos grands auteurs, nos valeurs, etc. Que des liens soient tissés entre les sites, les monuments, et les établissements scolaires.
-> l'accès à la culture dans les banlieues comme une vraie priorité politique, en mettant en jeux toutes les institutions et les partenaires locaux.
-> un ministère de l'immigration qui accueillera les nouveaux entrants en leur faisant connaître et partager notre langue, nos valeurs républicaines, etc. A partir du moment où un immigré fait le choix de la France, il est considéré comme porteur de toute son histoire au même titre que les autres.
-> un patrimoine entretenu, ouvert et accessible à tous (la gratuité des musées, etc.)
-> faire des technologies de l'information un nouveau champ de création et de diffusion des œuvres. Par exemple via la création de sites publics mettant gratuitement à disposition les œuvres du patrimoine français tombées dans le domaine public, ou financées par fonds publics. Ou la création de sites éducatifs et interactifs.
-> des maisons de la création, des créations artistiques davantage diffusées une fois créées, de la création sur de vrais campus universitaires, etc.
3) Un mot sur les intermittents
Côté intermittents, je vois 3 choses dans le discours de Sarkozy :
- ce statut unique au monde doit être conservé
- l'accord actuel doit être testé, mais il est insuffisant, et il y a peu de chance de trouver un accord satisfaisant dans ce contexte financier (l'Unedic avec sa dette à rembourser, l'industrie de la culture en plein doute). Donc une baisse durable du chômage amènera des discussions plus sereine, et un développement de l'économie de la culture aussi.
- une proposition pour pérenniser le système de l'intermittence : assurer une indemnisation généreuse quitte à demander en contrepartie de contribuer au développement de l’enseignement artistique et à la découverte pour les jeunes des métiers de la culture
1) La culture comme fondement essentiel d'un projet de civilisation
A partir du moment où on porte un projet de civilisation, la culture est non seulement indispensable mais fondamentale.
Ainsi, il va se battre pour que l'Europe ne puisse pas empêcher les subventions publiques à la culture. Si l'Europe considère la culture comme un marchandise comme les autres, c'est qu'elle renonce à être un projet de civilisation.
2) La transmission de notre culture comme transmission de notre identité.
Il y a une culture française. Notre identité est une identité culturelle. D'autant plus que la France n'est pas une ethnie, une race, des frontières tracées depuis des millénaires... la France n'a jamais été une évidence, mais une construction, une synthèse, un projet.
Il est donc fondamental pour lui que cette culture soit partagée par tous, sinon on renonce à notre identité, à notre vivre ensemble.
Plus généralement, la culture et l'art c'est aussi une certaine idée de l'homme, de notre identité humaine. Cela rejoint des considérations spirituelles. C'est aussi une question de bien-être.
Cette culture, c'est un patrimoine et c'est des créations.
Mais pour lui le problème principal, c'est une panne dans la transmission de cette culture : comment transmettre cette culture à tous ?
-> un ministère commun "éducation nationale et culture", pour transmettre note patrimoine culturel, pour apprendre notre langue, nos grands auteurs, nos valeurs, etc. Que des liens soient tissés entre les sites, les monuments, et les établissements scolaires.
-> l'accès à la culture dans les banlieues comme une vraie priorité politique, en mettant en jeux toutes les institutions et les partenaires locaux.
-> un ministère de l'immigration qui accueillera les nouveaux entrants en leur faisant connaître et partager notre langue, nos valeurs républicaines, etc. A partir du moment où un immigré fait le choix de la France, il est considéré comme porteur de toute son histoire au même titre que les autres.
-> un patrimoine entretenu, ouvert et accessible à tous (la gratuité des musées, etc.)
-> faire des technologies de l'information un nouveau champ de création et de diffusion des œuvres. Par exemple via la création de sites publics mettant gratuitement à disposition les œuvres du patrimoine français tombées dans le domaine public, ou financées par fonds publics. Ou la création de sites éducatifs et interactifs.
-> des maisons de la création, des créations artistiques davantage diffusées une fois créées, de la création sur de vrais campus universitaires, etc.
3) Un mot sur les intermittents
Côté intermittents, je vois 3 choses dans le discours de Sarkozy :
- ce statut unique au monde doit être conservé
- l'accord actuel doit être testé, mais il est insuffisant, et il y a peu de chance de trouver un accord satisfaisant dans ce contexte financier (l'Unedic avec sa dette à rembourser, l'industrie de la culture en plein doute). Donc une baisse durable du chômage amènera des discussions plus sereine, et un développement de l'économie de la culture aussi.
- une proposition pour pérenniser le système de l'intermittence : assurer une indemnisation généreuse quitte à demander en contrepartie de contribuer au développement de l’enseignement artistique et à la découverte pour les jeunes des métiers de la culture
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Projet de société
jeudi 5 avril 2007
L'immigration version Sarkozy 2002-2006
Globalement je comprends les principes de la politique de Sarkozy entre 2002 et 2006 ainsi :
* Pour les nouveaux arrivants :
- une décision rapide pour les demandeurs d'asile ou autre demande de papier
- immigration légale : contrat d'intégration (400h de français au besoin, etc.), pas de double peine
- immigration illégale : éloignement (effectif !)
- co-développement, accord avec les pays d'origine, favoriser les aller-retours, etc.
- favoriser l'immigration du travail, encadrer le regroupement familial (que la personne qui accueille ait les moyens de le faire et montre des signes d'intégration)
* Pour les anciens qui ont été déboutés des demandes d'asile (dont le traitement des dossiers durait 2 ans ou plus à l'époque, temps pendant lequel ils se sont installé) ou les clandestins qui ont été attirés par le laxisme affiché, les régularisations massives et les papiers automatiquement obtenu en 10 ans : régularisation au cas par cas (mais quasi systématique dès qu'il y a une famille et des marques d'intégration). Ainsi :
- les régularisations "au fil de l'eau" ont largement augmentées sous Sarkozy, on en est à plus de 22.000 par an en 2006 (autour de 10.000 en 2002 je crois)
- même après la fin de la circulaire de l'été 2006 (6900 familles concernées), les régularisations de familles continuent à un rythme soutenu
- pour les squatters de Cachan (pour beaucoup des familles) : "tout le monde est en voie d'être régularisé, et beaucoup le sont déjà" (Fidèle Nitiéma, porte-parole des Mille de Cachan)
- le mouvement Ni Putes Ni Soumises affirme que Nicolas Sarkozy les a aidé efficacement quand il fallait régulariser des femmes en danger
MAIS :
- il y a des cas de zèles (notamment policiers) révoltants
- il faut faire tout ça avec beaucoup beaucoup beaucoup plus d'humanité (notamment le parcours du combattant des demandeurs d'asile, particulièrement scandaleux)
- je comprends la volonté de ne pas faire de publicité sur ces régularisations au fil de l'eau (car les Français ne veulent majoritairement pas de régularisation massive, et car cette affichage favorise l'immigration clandestine). Mais il est un peu hypocrite (on dit qu'on fait du cas par cas, mais tout le monde est accepté, en gros ; et parce que ce n'est pas en un été et une circulaire que tout est réglé !). Et ça donne une image globale de la politique d'immigration qui excite et médiatise bon nombre de mouvements de gauche... qui favorisent une vision "totalement inhumaine" de notre politique d'immigration.
Au final :
- j'approuve les principes de la politique d'immigration proposée par Sarkozy depuis 2002
- mais je suis scandalisé par l'inhumanité de notre gestion de l'immigration (même avant 2002 d'ailleurs) et inquiet car le projet présidentiel de Sarkozy n'en parle pas !
Je préfère cependant ces principes à une absence de politique de l'immigration, qui elle aussi entraîne des drames humains considérables.
* Pour les nouveaux arrivants :
- une décision rapide pour les demandeurs d'asile ou autre demande de papier
- immigration légale : contrat d'intégration (400h de français au besoin, etc.), pas de double peine
- immigration illégale : éloignement (effectif !)
- co-développement, accord avec les pays d'origine, favoriser les aller-retours, etc.
- favoriser l'immigration du travail, encadrer le regroupement familial (que la personne qui accueille ait les moyens de le faire et montre des signes d'intégration)
* Pour les anciens qui ont été déboutés des demandes d'asile (dont le traitement des dossiers durait 2 ans ou plus à l'époque, temps pendant lequel ils se sont installé) ou les clandestins qui ont été attirés par le laxisme affiché, les régularisations massives et les papiers automatiquement obtenu en 10 ans : régularisation au cas par cas (mais quasi systématique dès qu'il y a une famille et des marques d'intégration). Ainsi :
- les régularisations "au fil de l'eau" ont largement augmentées sous Sarkozy, on en est à plus de 22.000 par an en 2006 (autour de 10.000 en 2002 je crois)
- même après la fin de la circulaire de l'été 2006 (6900 familles concernées), les régularisations de familles continuent à un rythme soutenu
- pour les squatters de Cachan (pour beaucoup des familles) : "tout le monde est en voie d'être régularisé, et beaucoup le sont déjà" (Fidèle Nitiéma, porte-parole des Mille de Cachan)
- le mouvement Ni Putes Ni Soumises affirme que Nicolas Sarkozy les a aidé efficacement quand il fallait régulariser des femmes en danger
MAIS :
- il y a des cas de zèles (notamment policiers) révoltants
- il faut faire tout ça avec beaucoup beaucoup beaucoup plus d'humanité (notamment le parcours du combattant des demandeurs d'asile, particulièrement scandaleux)
- je comprends la volonté de ne pas faire de publicité sur ces régularisations au fil de l'eau (car les Français ne veulent majoritairement pas de régularisation massive, et car cette affichage favorise l'immigration clandestine). Mais il est un peu hypocrite (on dit qu'on fait du cas par cas, mais tout le monde est accepté, en gros ; et parce que ce n'est pas en un été et une circulaire que tout est réglé !). Et ça donne une image globale de la politique d'immigration qui excite et médiatise bon nombre de mouvements de gauche... qui favorisent une vision "totalement inhumaine" de notre politique d'immigration.
Au final :
- j'approuve les principes de la politique d'immigration proposée par Sarkozy depuis 2002
- mais je suis scandalisé par l'inhumanité de notre gestion de l'immigration (même avant 2002 d'ailleurs) et inquiet car le projet présidentiel de Sarkozy n'en parle pas !
Je préfère cependant ces principes à une absence de politique de l'immigration, qui elle aussi entraîne des drames humains considérables.
mercredi 4 avril 2007
Les mots de droite
Pour moi qui vient d'un milieu de gauche voire d'extrême gauche (côté amis), découvrir les mots de la droite est quelque chose de difficile. Je ne parle pas des mots de centre droit, je ne parle pas du politiquement correct, je parle des mots qu'une bonne partie des électeurs de droite comprend, utilise, revendique.
Depuis 30 ans ces électeurs sont souvent exaspérés, en ont marre de la gauche, on été déçu par la droite, ne se sentent pas ou plus concernés par le politiquement correct, n'y croient plus. Ils décrochent de la politique, ne votent plus ou pour l'extrême droite.
Ils ont l'impression que la politique se préoccupe plus des délinquants que des victimes, des chômeurs que des travailleurs... Qu'au final la politique ne s'occupe plus d'eux, ne les valorise plus.
En résumé et à mon avis, une bonne partie des électeurs de droite :
- n'entendent plus et ne croient plus au politiquement correct
- ont l'impression que la politique ne s'adresse plus à eux
- se sont laissé donc envahir par la fermeture, la rancoeur, le rejet de bouc émissaires
Alors comment s'adresser massivement à ces gens-là ? Comment les faire revenir dans le champs de la politique républicaine ? Comment peuvent-ils reprendre confiance dans le discours politique ?
Je n'ai pas la solution miracle. Mais si on a laissé cette population-là décrocher autant en une génération, il faudra peut-être une génération pour obtenir une vraie réconciliation et se débarrasser de l'extrême droite.
C'est la droite qui est la première responsable de cette déception et de ce décrochage, et c'est d'abord à la droite de réparer ça.
Je crois que Nicolas Sarkozy est en train d'y arriver. Vue de gauche, ce n'est pas forcément facile à voir. Il y a des mots qui choquent, des phrases qui choquent, des images qui choquent. Il y a sans doute des débordements. Et les médias en rajoutent beaucoup sur ce sujet.
Mais je crois qu'en fait il fait son boulot de républicain :
- il arrive à se faire entendre de ces gens
- il s'adresse à eux, se préoccupe d'eux
- il les rassure sur leurs peurs, en les appelant ensuite à l'ouverture
L'exemple typique pour moi est son discours à Toulon, devant des milliers de personnes très à droite :
- il se fait entendre en utilisant des mots et des phrases fortes, qu'on peut qualifier de populistes hors contexte
- il s'adresse à eux, leur propose un projet qui les concerne
- il les rassure sur leurs peurs même les plus basiques, même celles qui sont emplies d'amalgames (par exemple "oui à l'immigration, mais on acceptera pas l'excision"), pour ensuite leur parler d'ouverture pendant 3/4 d'heure ("notre passé et notre avenir est autour de la méditerranée, nos 3 religions monothéistes ont des racines communes, nous avons en Afrique du nord une part de nous-même, faisons une union méditerranéenne, travaillons et étudions ensemble, une société sans immigration est condamnée...", etc.)
Pour moi, les racailles, Kärsher, les "la France on est pas obligé d'y rester", c'est pas mon truc.
Mais je comprends le travail que Nicolas Sarkozy mène, et je crois que la droite a la responsabilité de le faire, même si ce n'est pas toujours beau à voir.
Mais ce n'est évidemment pas ça qui me touche et qui me pousse à voter pour lui. C'est pour le projet, pour sa capacité à le mener, et parce qu'il a tout mis en oeuvre pour que sa réalisation soit inévitable s'il est élu. Il répond aux crises et aux urgences que je vois en France. Il pousse son projet jusqu'au projet de société. Je le crois capable d'incarner une vision forte de la France à l'étranger. Je ne le crois pas parfait, je ne crois pas non plus que le projet le soit. Mais j'ai la conviction que c'est ce qu'il y a de mieux aujourd'hui et que c'est inespéré après autant de nullité politique ces 30 dernières années.
Je comprends que vue de gauche ce soit insupportable. D'ailleurs ce type m'a donné pas mal de boutons d'allergie au début. Cette gauche aura du mal a se sentir représentée par ce type s'il est élu, ce sera même un calvaire. Mon seul espoir de ce côté-là est que le projet réussisse, et que le 1er flic de France s'éclipse peu à peu derrière un président qui réussit en France et nous rende fier de son action à l'étranger. C'est sans doute quelque chose qui paraît strictement impensable dans mon milieu, mais c'est ma conviction d'aujourd'hui. J'espère pouvoir vérifier que cette conviction est la bonne.
Depuis 30 ans ces électeurs sont souvent exaspérés, en ont marre de la gauche, on été déçu par la droite, ne se sentent pas ou plus concernés par le politiquement correct, n'y croient plus. Ils décrochent de la politique, ne votent plus ou pour l'extrême droite.
Ils ont l'impression que la politique se préoccupe plus des délinquants que des victimes, des chômeurs que des travailleurs... Qu'au final la politique ne s'occupe plus d'eux, ne les valorise plus.
En résumé et à mon avis, une bonne partie des électeurs de droite :
- n'entendent plus et ne croient plus au politiquement correct
- ont l'impression que la politique ne s'adresse plus à eux
- se sont laissé donc envahir par la fermeture, la rancoeur, le rejet de bouc émissaires
Alors comment s'adresser massivement à ces gens-là ? Comment les faire revenir dans le champs de la politique républicaine ? Comment peuvent-ils reprendre confiance dans le discours politique ?
Je n'ai pas la solution miracle. Mais si on a laissé cette population-là décrocher autant en une génération, il faudra peut-être une génération pour obtenir une vraie réconciliation et se débarrasser de l'extrême droite.
C'est la droite qui est la première responsable de cette déception et de ce décrochage, et c'est d'abord à la droite de réparer ça.
Je crois que Nicolas Sarkozy est en train d'y arriver. Vue de gauche, ce n'est pas forcément facile à voir. Il y a des mots qui choquent, des phrases qui choquent, des images qui choquent. Il y a sans doute des débordements. Et les médias en rajoutent beaucoup sur ce sujet.
Mais je crois qu'en fait il fait son boulot de républicain :
- il arrive à se faire entendre de ces gens
- il s'adresse à eux, se préoccupe d'eux
- il les rassure sur leurs peurs, en les appelant ensuite à l'ouverture
L'exemple typique pour moi est son discours à Toulon, devant des milliers de personnes très à droite :
- il se fait entendre en utilisant des mots et des phrases fortes, qu'on peut qualifier de populistes hors contexte
- il s'adresse à eux, leur propose un projet qui les concerne
- il les rassure sur leurs peurs même les plus basiques, même celles qui sont emplies d'amalgames (par exemple "oui à l'immigration, mais on acceptera pas l'excision"), pour ensuite leur parler d'ouverture pendant 3/4 d'heure ("notre passé et notre avenir est autour de la méditerranée, nos 3 religions monothéistes ont des racines communes, nous avons en Afrique du nord une part de nous-même, faisons une union méditerranéenne, travaillons et étudions ensemble, une société sans immigration est condamnée...", etc.)
Pour moi, les racailles, Kärsher, les "la France on est pas obligé d'y rester", c'est pas mon truc.
Mais je comprends le travail que Nicolas Sarkozy mène, et je crois que la droite a la responsabilité de le faire, même si ce n'est pas toujours beau à voir.
Mais ce n'est évidemment pas ça qui me touche et qui me pousse à voter pour lui. C'est pour le projet, pour sa capacité à le mener, et parce qu'il a tout mis en oeuvre pour que sa réalisation soit inévitable s'il est élu. Il répond aux crises et aux urgences que je vois en France. Il pousse son projet jusqu'au projet de société. Je le crois capable d'incarner une vision forte de la France à l'étranger. Je ne le crois pas parfait, je ne crois pas non plus que le projet le soit. Mais j'ai la conviction que c'est ce qu'il y a de mieux aujourd'hui et que c'est inespéré après autant de nullité politique ces 30 dernières années.
Je comprends que vue de gauche ce soit insupportable. D'ailleurs ce type m'a donné pas mal de boutons d'allergie au début. Cette gauche aura du mal a se sentir représentée par ce type s'il est élu, ce sera même un calvaire. Mon seul espoir de ce côté-là est que le projet réussisse, et que le 1er flic de France s'éclipse peu à peu derrière un président qui réussit en France et nous rende fier de son action à l'étranger. C'est sans doute quelque chose qui paraît strictement impensable dans mon milieu, mais c'est ma conviction d'aujourd'hui. J'espère pouvoir vérifier que cette conviction est la bonne.
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Les 6 premiers mois de Sarkozy
Nicolas Sarkozy voit ainsi le rythme du quinquennat : 2 ans pour faire les réformes, 2 ans pour les piloter et les ajuster, 1 an pour faire le bilan et se poser la question de se représenter.
2 ans pour faire l'ensemble des réformes de son projet, ça demande un sacré changement de rythme dans l'action politique nationale.
Et en effet, si on regarde son calendrier pour les 6 premiers mois environ, c'est énorme. Je n'ai pas tout noté, mais voici dans ce billet ce que j'ai pu savoir.
Tout d'abord :
- 15 ministres, parité et ouverture politique, renouvellement, diversité
- 2 conseillers du président (sécurité et développement durable)
- sans doute Fillon, Borloo, Michèle Aliot-Marie, et pas mal de nouveaux je pense. Peut-être Rachida Dati, Yama Rade, Jeannette Bougrab, Nassimah Dindar, Nathalie Kosciusko-Morizet...
- la majorité présidentielle aura un pôle UMP, un pôle centre, et un pôle gauche
La 1ère semaine (17 mai je crois) :
Le premier jour : les partenaires sociaux. Proposition de 4 conférences pour septembre. La première portera sur l'égalité salariale entre les hommes et les femmes. Les entreprises auront deux ans pour la réaliser. Après, l'inspection du travail transmettra au parquet les cas de discrimination. Deuxième discussion : la flexisécurité, avec l'adoption du contrat de travail unique, le nouveau service public de l'emploi, la hausse des indemnisations des chômeurs, mais aussi la réduction de la durée de la procédure de licenciement.Troisième chantier, l'amélioration des conditions de travail et la lutte contre le stress. Enfin, la démocratie sociale : liberté de présentation au premier tour des élections professionnelles, aide au financement des syndicats, sanctuarisation pendant quelques mois de la négociation entre partenaires sociaux, pour que le législateur n'intervienne qu'en cas d'échec. L'objectif est d'aboutir fin 2007.
Le second jour : préparation d'un Grenelle de l'environnement (pour septembre sans doute), avec les ONG, les industriels et les partenaires sociaux. Les OGM (pour la recherche, mais, à ce stade, contre la production commerciale... en tout cas une décision à prendre suite à un avis des scientifiques), l'instauration d'une taxe sur le carbone et la création d'une fiscalité écologique seront à l'ordre du jour.
Ensuite : L'Europe, avec une première visite à Bruxelles et Berlin (notamment sur le déblocage des institutions avec l'idée d'aboutir avant fin 2007). Puis j'irai en Afrique. La question de l'immigration, du développement du continent et de la Méditerranée est centrale (projet d'Union de la Méditerranée).
Juin 2007 :
- OMC : l'équipe se prépare à la réunion de juin sur l'agriculture !
- Les législatives...
- Puis la nomination des secrétaires d'Etat.
Eté 2007 :
- une initiative européenne pour le 14 juillet : inviter un contingent des 26 autres pays européens pour le défilé du 14 Juillet. "Il y a aussi le symbole de la garden-party… Elle appartient à ces traditions qui doivent être poursuivies, mais nous pourrions profiter de cette date pour organiser un rassemblement des jeunes de toute l'Europe, place de la Concorde, à Paris, autour de la culture européenne."
Social :
- un service minimum dans les transports et les autres services publics : sir les partenaires sociaux y parviennent par la négociation, ok. Sinon projet de loi déposé, et adopté avant fin 2007.
- vote à bulletin secret dans les entreprises, les universités, les administrations au bout de 8 jours de grève pour la poursuite ou non des blocages (les piquets de grève, pas la grève en elle-même qui reste un droit personnel)
- avec le patronat, une discussion dès l'été, pour pérenniser les allégements de charges mais les différencier selon la politique salariale des différentes branches.
- interdiction des parachutes en or
Travail et fiscalité :
- Pas de cotisations et pas d'impôts sur le produit des heures supplémentaires (passage à 25% au-lieu de 10% dans les TPE)
- choix entre la récupération des jours de RTT ou du salaire supplémentaire
- défiscaliser le travail étudiant
- autoriser le cumul emploi-retraite
- supprimer les dispenses de recherche d'emploi
- Suppression des droits de succession et des donations pour 90% (à 95%) des Français
- ISF : déduire jusqu'à 50 000 € investis dans les PME françaises (et pas dans les Sicav, ni dans les produits monétaires)
Logement :
- déduction fiscale des intérêts des emprunts pour l'achat d'un appartement. Cette mesure s'appliquera dès la promulgation de la loi - probablement à partir de juillet - sur les intérêts à courir des emprunts déjà contractés et sur ceux des nouveaux emprunts
Education :
- lettre du ministre à tous les profs ("Peu importent leurs méthodes. Ce qui compte, ce sont les résultats. Evaluation, autonomie, confiance dans les enseignants, orientation : ce sont des mots majeurs")
- l’été 2007, des négociations nécessaires pour revaloriser la condition enseignante.
Immigration :
- nouveau texte sur le regroupement familial qui pose 3 conditions pour permettre à un étranger de faire venir sa famille en France : qu'il ait un logement pour la loger, qu'il ait des revenus pour la faire vivre et qu'on apprenne des rudiments de français avant de venir en France (donc mobilisation des structures dans les pays étrangers pour apprendre le Français).
Prisons :
- la création d'hôpitaux-prisons, avec l'objectif d'en ouvrir un par région pour accueillir les malades psychiatriques
Sécurité :
- le volet justice et sécurité, avec notamment les peines planchers pour les multirécidivistes, la réforme du droit pénal des mineurs, la responsabilité des magistrats
Automne 2007 :
4 Conférences avec les partenaires sociaux :
Détails sur la conférence 2 :
- flex-sécurité : contrat de travail unique et assurance "salaire et retour à l'emploi" :
* un contrat unique qui met fin aux CDD (sauf contrat de projet spécifiques), avec des droits qui augmentent au fur et à mesure du temps)
* une rupture par consentement amiable entre le patron et le salarié, qui donne droit au salarié aux assedics
* accompagner tous les licenciés économiques vers un emploi ou une formation (généralisation du Contrat de Transition Professionnel : le contrat de travail est transféré à l'Assedic, 90% du salaire antérieur, formation, etc.)
* indemniser plus de gens au chômage et mieux (revenu quasi stable pour les petits et moyens salaires), mais baisse dès le 3ème refus d'emploi
* calculer le plus possible la longueur d'indemnisation en fonction des difficultés du secteur recherché
* fusion de l'ANPE et l'Assedic (voire regroupement avec d'autres dans la formation professionnelle) sous la forme d'un groupement d'intérêt économique (GIE)
Détails sur la conférence 4 :
- loi portant sur la démocratie sociale (tout ce qui touche au droit du travail devra d'abord être négocié entre salariés et patrons, entre 4 et 6 mois ; s'il n'y a pas accord, c'est le législateur qui tranche)
Education :
- les établissements pourront recruter 20% de leurs effectifs en dehors du secteur (mais devront garder un pourcentage de mixité)
- les établissements pourront consacrer 25% de leur budget à leur projet pédagogique (en fonction des besoins locaux par exemple)
Fiscalité :
- bouclier fiscal à 50% (incluant la CSG ou pas, à discuter... je ne pense pas pour le moment)
- impôt sur les société réduite sur les premiers 50.000 € de bénéfice pour les sociétés qui abandonne les niches fiscales ; supprimer l'imposition forfaitaire annuelle
- TVA sociale : choix des secteurs qui la testeront en 2008, en discussion avec les partenaires sociaux
Université :
- autonomie des universités (facultative, mais augmentation des budgets si oui !)
Institutions :
- révision constitutionnelle : limiter à 2 le nombre de mandats présidentiels, un président qui peut s'exprimer devant les députés, un Parlement qui puisse davantage contrôler, avec un organisme d'audit à sa disposition, et qui ratifie les nominations les plus importantes.
Prisons :
- une grande loi pénitentiaire (droits, conditions...)
Mariage, homosexualité et + :
- loi sur l'union civile et sur le statut de beau-parent (pour les familles recomposées et les parents homosexuels)
Ecologie :
- Grennelles de l'écologie avec notamment la question des OGM, fiscalité écologique (notamment carburants verts défiscalisés pour 10 ans), etc.
Formation / Quartiers :
- un plan Marshal 2 pour la formation dans les quartiers (pour 250.000 jeunes : un formation qualifiante d'un an qui débouche sur un emploi). A discuter avec les partenaires pour une mise en place en janvier 2008 ?
D'ici fin 2007 :
- adoption d'un traité simplifié sur les instituions européenne, discussion sur pas mal de sujets (négociations sur la future PAC, la question de la concurrence et de la préférence communautaire, suspendre tout élargissement à l'adoption de nouvelles institutions, refondation de l'axe franco-allemand et son contenu...)
... Et ce n'est pas même pas tout !
En 2008 :
- réforme des régimes spéciaux (vers l'alignement sur le régime général), hausse des petites retraites et des pensions de réversion.
- tva à taux réduit de certains produits propres dès 2008
- remplacement d'un fonctionnaire qui part à la retraite sur 2
- application du bouclier fiscal à 50%, plan Marshall 2, etc.
2 ans pour faire l'ensemble des réformes de son projet, ça demande un sacré changement de rythme dans l'action politique nationale.
Et en effet, si on regarde son calendrier pour les 6 premiers mois environ, c'est énorme. Je n'ai pas tout noté, mais voici dans ce billet ce que j'ai pu savoir.
Tout d'abord :
- 15 ministres, parité et ouverture politique, renouvellement, diversité
- 2 conseillers du président (sécurité et développement durable)
- sans doute Fillon, Borloo, Michèle Aliot-Marie, et pas mal de nouveaux je pense. Peut-être Rachida Dati, Yama Rade, Jeannette Bougrab, Nassimah Dindar, Nathalie Kosciusko-Morizet...
- la majorité présidentielle aura un pôle UMP, un pôle centre, et un pôle gauche
La 1ère semaine (17 mai je crois) :
Le premier jour : les partenaires sociaux. Proposition de 4 conférences pour septembre. La première portera sur l'égalité salariale entre les hommes et les femmes. Les entreprises auront deux ans pour la réaliser. Après, l'inspection du travail transmettra au parquet les cas de discrimination. Deuxième discussion : la flexisécurité, avec l'adoption du contrat de travail unique, le nouveau service public de l'emploi, la hausse des indemnisations des chômeurs, mais aussi la réduction de la durée de la procédure de licenciement.Troisième chantier, l'amélioration des conditions de travail et la lutte contre le stress. Enfin, la démocratie sociale : liberté de présentation au premier tour des élections professionnelles, aide au financement des syndicats, sanctuarisation pendant quelques mois de la négociation entre partenaires sociaux, pour que le législateur n'intervienne qu'en cas d'échec. L'objectif est d'aboutir fin 2007.
Le second jour : préparation d'un Grenelle de l'environnement (pour septembre sans doute), avec les ONG, les industriels et les partenaires sociaux. Les OGM (pour la recherche, mais, à ce stade, contre la production commerciale... en tout cas une décision à prendre suite à un avis des scientifiques), l'instauration d'une taxe sur le carbone et la création d'une fiscalité écologique seront à l'ordre du jour.
Ensuite : L'Europe, avec une première visite à Bruxelles et Berlin (notamment sur le déblocage des institutions avec l'idée d'aboutir avant fin 2007). Puis j'irai en Afrique. La question de l'immigration, du développement du continent et de la Méditerranée est centrale (projet d'Union de la Méditerranée).
Juin 2007 :
- OMC : l'équipe se prépare à la réunion de juin sur l'agriculture !
- Les législatives...
- Puis la nomination des secrétaires d'Etat.
Eté 2007 :
- une initiative européenne pour le 14 juillet : inviter un contingent des 26 autres pays européens pour le défilé du 14 Juillet. "Il y a aussi le symbole de la garden-party… Elle appartient à ces traditions qui doivent être poursuivies, mais nous pourrions profiter de cette date pour organiser un rassemblement des jeunes de toute l'Europe, place de la Concorde, à Paris, autour de la culture européenne."
Social :
- un service minimum dans les transports et les autres services publics : sir les partenaires sociaux y parviennent par la négociation, ok. Sinon projet de loi déposé, et adopté avant fin 2007.
- vote à bulletin secret dans les entreprises, les universités, les administrations au bout de 8 jours de grève pour la poursuite ou non des blocages (les piquets de grève, pas la grève en elle-même qui reste un droit personnel)
- avec le patronat, une discussion dès l'été, pour pérenniser les allégements de charges mais les différencier selon la politique salariale des différentes branches.
- interdiction des parachutes en or
Travail et fiscalité :
- Pas de cotisations et pas d'impôts sur le produit des heures supplémentaires (passage à 25% au-lieu de 10% dans les TPE)
- choix entre la récupération des jours de RTT ou du salaire supplémentaire
- défiscaliser le travail étudiant
- autoriser le cumul emploi-retraite
- supprimer les dispenses de recherche d'emploi
- Suppression des droits de succession et des donations pour 90% (à 95%) des Français
- ISF : déduire jusqu'à 50 000 € investis dans les PME françaises (et pas dans les Sicav, ni dans les produits monétaires)
Logement :
- déduction fiscale des intérêts des emprunts pour l'achat d'un appartement. Cette mesure s'appliquera dès la promulgation de la loi - probablement à partir de juillet - sur les intérêts à courir des emprunts déjà contractés et sur ceux des nouveaux emprunts
Education :
- lettre du ministre à tous les profs ("Peu importent leurs méthodes. Ce qui compte, ce sont les résultats. Evaluation, autonomie, confiance dans les enseignants, orientation : ce sont des mots majeurs")
- l’été 2007, des négociations nécessaires pour revaloriser la condition enseignante.
Immigration :
- nouveau texte sur le regroupement familial qui pose 3 conditions pour permettre à un étranger de faire venir sa famille en France : qu'il ait un logement pour la loger, qu'il ait des revenus pour la faire vivre et qu'on apprenne des rudiments de français avant de venir en France (donc mobilisation des structures dans les pays étrangers pour apprendre le Français).
Prisons :
- la création d'hôpitaux-prisons, avec l'objectif d'en ouvrir un par région pour accueillir les malades psychiatriques
Sécurité :
- le volet justice et sécurité, avec notamment les peines planchers pour les multirécidivistes, la réforme du droit pénal des mineurs, la responsabilité des magistrats
Automne 2007 :
4 Conférences avec les partenaires sociaux :
Détails sur la conférence 2 :
- flex-sécurité : contrat de travail unique et assurance "salaire et retour à l'emploi" :
* un contrat unique qui met fin aux CDD (sauf contrat de projet spécifiques), avec des droits qui augmentent au fur et à mesure du temps)
* une rupture par consentement amiable entre le patron et le salarié, qui donne droit au salarié aux assedics
* accompagner tous les licenciés économiques vers un emploi ou une formation (généralisation du Contrat de Transition Professionnel : le contrat de travail est transféré à l'Assedic, 90% du salaire antérieur, formation, etc.)
* indemniser plus de gens au chômage et mieux (revenu quasi stable pour les petits et moyens salaires), mais baisse dès le 3ème refus d'emploi
* calculer le plus possible la longueur d'indemnisation en fonction des difficultés du secteur recherché
* fusion de l'ANPE et l'Assedic (voire regroupement avec d'autres dans la formation professionnelle) sous la forme d'un groupement d'intérêt économique (GIE)
Détails sur la conférence 4 :
- loi portant sur la démocratie sociale (tout ce qui touche au droit du travail devra d'abord être négocié entre salariés et patrons, entre 4 et 6 mois ; s'il n'y a pas accord, c'est le législateur qui tranche)
Education :
- les établissements pourront recruter 20% de leurs effectifs en dehors du secteur (mais devront garder un pourcentage de mixité)
- les établissements pourront consacrer 25% de leur budget à leur projet pédagogique (en fonction des besoins locaux par exemple)
Fiscalité :
- bouclier fiscal à 50% (incluant la CSG ou pas, à discuter... je ne pense pas pour le moment)
- impôt sur les société réduite sur les premiers 50.000 € de bénéfice pour les sociétés qui abandonne les niches fiscales ; supprimer l'imposition forfaitaire annuelle
- TVA sociale : choix des secteurs qui la testeront en 2008, en discussion avec les partenaires sociaux
Université :
- autonomie des universités (facultative, mais augmentation des budgets si oui !)
Institutions :
- révision constitutionnelle : limiter à 2 le nombre de mandats présidentiels, un président qui peut s'exprimer devant les députés, un Parlement qui puisse davantage contrôler, avec un organisme d'audit à sa disposition, et qui ratifie les nominations les plus importantes.
Prisons :
- une grande loi pénitentiaire (droits, conditions...)
Mariage, homosexualité et + :
- loi sur l'union civile et sur le statut de beau-parent (pour les familles recomposées et les parents homosexuels)
Ecologie :
- Grennelles de l'écologie avec notamment la question des OGM, fiscalité écologique (notamment carburants verts défiscalisés pour 10 ans), etc.
Formation / Quartiers :
- un plan Marshal 2 pour la formation dans les quartiers (pour 250.000 jeunes : un formation qualifiante d'un an qui débouche sur un emploi). A discuter avec les partenaires pour une mise en place en janvier 2008 ?
D'ici fin 2007 :
- adoption d'un traité simplifié sur les instituions européenne, discussion sur pas mal de sujets (négociations sur la future PAC, la question de la concurrence et de la préférence communautaire, suspendre tout élargissement à l'adoption de nouvelles institutions, refondation de l'axe franco-allemand et son contenu...)
... Et ce n'est pas même pas tout !
En 2008 :
- réforme des régimes spéciaux (vers l'alignement sur le régime général), hausse des petites retraites et des pensions de réversion.
- tva à taux réduit de certains produits propres dès 2008
- remplacement d'un fonctionnaire qui part à la retraite sur 2
- application du bouclier fiscal à 50%, plan Marshall 2, etc.
mardi 3 avril 2007
Honnêteté et campagne pour la présidentielle
Dans les politiciens nationaux les plus honnêtes, je classe Borloo et Rocard dans les premiers, peut-être parmi d'autres.
Sarkozy, Royal, LePen et Bayrou sont pour moi loin derrière.
Dans un monde idéal on peut faire une campagne uniquement sur un projet et une philosophie, et les citoyens votent en toute conscience. Dans ce monde réel, il faut jongler avec les médias, les citoyens de tout niveau culturel, les attaques des adversaires, etc.
Faire le jeu des médias, simplifier jusqu'à la caricature son projet ou sa philosophie pour le passer en 3 mots retenables par tous... ça fait pour moi parti du jeu pour être élu à cette élection nationale (pas pour être candidat, hein, pour être au second tour et être élu).
Ce n'est pas un jeu que j'aime. J'aimerai que tout le monde s'en passe. Je comprends ceux qui ne souhaitent pas voter pour des gens qui se "salissent" autant. Le jeu de la démocratie, c'est qu'ils votent alors pour un candidat assez propre pour eux ou qu'ils ne votent pas. Je les respecte dans les 2 cas.
Personnellement, j'ai fait le choix de voter pour ce qui va être réalisé dans les 5 ans qui viennent (pour la France, l'Europe, les pays méditerranéens, l'Afrique, etc.). C'est mon choix de passer outre les attitudes de campagnes, les sauts d'humeur, les caricatures, et même les défauts des gens... dans certaines limites cependant (c'est un équilibre précaire !).
C'est certes du pragmatisme, mais un pragmatisme qui peut amener à ce que des choses soit faites pendant 5 ans, qui répondent enfin à l'urgence sociale, environnementale, politique, etc... Est-ce moins beau que l'attente de l'idéal qui laisse tout ça de côté jusqu'à la prochaine révolution ?
En tout cas je respecte les idéalistes, car il est bon de pousser les pragmatiques à être le plus ambitieux possible dans leur compromis avec la réalité.
Sarkozy, Royal, LePen et Bayrou sont pour moi loin derrière.
Dans un monde idéal on peut faire une campagne uniquement sur un projet et une philosophie, et les citoyens votent en toute conscience. Dans ce monde réel, il faut jongler avec les médias, les citoyens de tout niveau culturel, les attaques des adversaires, etc.
Faire le jeu des médias, simplifier jusqu'à la caricature son projet ou sa philosophie pour le passer en 3 mots retenables par tous... ça fait pour moi parti du jeu pour être élu à cette élection nationale (pas pour être candidat, hein, pour être au second tour et être élu).
Ce n'est pas un jeu que j'aime. J'aimerai que tout le monde s'en passe. Je comprends ceux qui ne souhaitent pas voter pour des gens qui se "salissent" autant. Le jeu de la démocratie, c'est qu'ils votent alors pour un candidat assez propre pour eux ou qu'ils ne votent pas. Je les respecte dans les 2 cas.
Personnellement, j'ai fait le choix de voter pour ce qui va être réalisé dans les 5 ans qui viennent (pour la France, l'Europe, les pays méditerranéens, l'Afrique, etc.). C'est mon choix de passer outre les attitudes de campagnes, les sauts d'humeur, les caricatures, et même les défauts des gens... dans certaines limites cependant (c'est un équilibre précaire !).
C'est certes du pragmatisme, mais un pragmatisme qui peut amener à ce que des choses soit faites pendant 5 ans, qui répondent enfin à l'urgence sociale, environnementale, politique, etc... Est-ce moins beau que l'attente de l'idéal qui laisse tout ça de côté jusqu'à la prochaine révolution ?
En tout cas je respecte les idéalistes, car il est bon de pousser les pragmatiques à être le plus ambitieux possible dans leur compromis avec la réalité.
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