lundi 28 mai 2007

Bilan des 10 jours

Voilà le premier d'une longue série de bilans !

Voici ce sur quoi Sarkozy s'était engagé et qu'il a tenu :
- un gouvernement de 15 ministres
- un gouvernement plus représentatif :
* paritaire (7 femmes dont la justice, l'intérieur, la santé...)
* d'ouverture politique (1/5 ou 1/4 du gouvernement ne vient pas de l'UMP, dont la défense et les affaires étrangères... avec Bernar Kouchner et Martin Hirch... et les 2 femmes qui voulaient se présenter contre lui à la candidature... et quelques Chiraquiens de souche, etc.)
* avec plus de diversité (Rachida Dati à la justice, des jeunes et des vieux...)
- un grand ministère du développement durable (avec énergie, transport, etc.)
- un ministère des sports et de la santé (il a même rajouté la jeunesse)
- un ministère de l'immigration, du co-développement et de l'intégration (il avait même ajouté l'identité nationale pendant la campagne, c'est fait)
- un ministère des comptes publics, séparé de la stratégie économique et l'emploi
- de manière générale, une redéfinition des périmètres des ministères (la recherche et l'enseignement supérieur sont un ministère plein à part, etc.)
- un conseil des ministres qui soit un lieu de débat et non une chambre d'enregistrement : c'est le cas avec la nouvelle partie D de ce conseil (et plus généralement le dialogue interministériel est déjà fort, et Fillon a surtout pour rôle de le faire vivre et aboutir)
- un président qui défend son projet, qui est responsable de la politique intérieure
- un premier ministre qui coordonne l'action du gouvernement, rôle d'autant plus important qu'il y a peu de ministres donc plus de responsabilité partagées et plus de dialogue nécessaire
- un président et un premier ministre quasi-fusionnels sur l'action qu'ils mènent
- un président moins éloigné du peuple (dans le sens de Mitterand et Chirac, c'est à dire une parole rare, des gestes quasi-uniquement solennels) : footing, tutoiement des ministres, famille... même s'il j'attends autre chose que ça !
- un conseil de sécurité intérieur
- il a démissionné de la présidence de l'UMP et du conseil général des hauts-de-seine
- un changement de rythme dans l'action du gouvernement et du président : plusieurs actualité par jour, toutes les réformes mises en oeuvre en même temps...
- dans les premiers jours de son investiture : rencontre avec les partenaires sociaux (préparation des 4 conférences de septembre), journée avec les ONG et des experts sur l'environnement pour préparer le Grennelle de l'automne.
- dans les premiers jours (même le premier !) : rencontre avec Angela Merkel (notamment sur le déblocage des institutions)
- retour vers les salariés d'Airbus, comme il l'avait promis
- il avait dit qu'il voulait travailler avec Fillon, Borloo, Michèle Aliot-Marie, Rachida Dati, Juppé... c'est le cas !
- la majorité a un pôle UMP, un pôle centre et un pôle gauche
- la lettre de Guy Moquet sera bien lue à tous les lycéens à la rentrée

Ce qu'il n'a pas (encore ?) fait :
- aller en Afrique (il avait dit dans les premiers jours de son investiture)
- nommer un conseiller en développement durable auprès du président (même si je crois que l'Elysée s'entoure d'experts)

Ce qu'il n'a pas fait :
- un ministère de la culture et de l'éducation nationale. Le monde de la culture voulait un ministère plein à part ; la ministre aussi ; avoir de l'ambition pour les 2 en même temps aurait été je pense difficile ; l'idée de départ était de profiter d'une administration forte pour agir, et d'aller très loin dans les échanges entre éducation et culture...

samedi 19 mai 2007

Gouvernement Fillon (2)

Alain Juppé a l'air d'avoir des idées précises de l'organisation de son ministère et des actions. Très bien. Comme prévu, Sarkozy va rencontrer des ONG et des spécialistes sur le sujet lundi. Rendez-vous à l'automne pour les résultats...
Par contre, Juppé qui se présente aux municipales en 2008 et aux législatives, je trouve ça moyen. Surtout les législatives : c'est vraiment le poste de repli, ça donne pas du tout envie de voter... Pour la mairie ça me dérange moins, on peut déléguer et gérer correctement ; et garder un pied local en étant ministre est pas mal intéressant.

Fillon fait pareil pour les législatives, c'est nul.

Bachelot a fait des études en pharmacie, elle aurait donc quelques bases pour un ministère de la santé... A voir.

La ministre de la culture connaît bien les monuments et les bouquins... Elle a écrit du théâtre, mais connaît-elle bien le spectacle vivant ? Je le souhaite. En tout cas, avec un ministère à part qui dispose de 1% du budget de l'Etat, il faudra une sacré volonté pour appliquer le programme présidentiel tout en répondant aux problèmes de la profession...

Kouchner et Sarkozy à l'international, ça peut être rudement efficace ! Darfour, Bettancourt, Europe, OMC, Méditerranée, Liban, etc. A eux deux, les connaissances, les réseaux, les négociations, les ambitions sont énormes. Pourvu que tout ça s'additionne.

Le président d'emmaüs commence en parlant du RSA (revenu de solidarité active) et en disant que Sarkozy et Fillon peuvent évoluer sur l'idée d'une activité forcée en cas de minima social, et qu'ils savent qu'il faudra des moyens financiers en plus. Excellent. Je suis vraiment ravi de sa nomination. Il a demandé un titre qui lui laisse plus d'indépendance par rapport au reste de la politique du gouvernement, d'où le "Haut Commissaire".

Besson veut faire un cabinet mêlant gauche et droite pour juger les résultats et proposer des idées... S'il réussit cette action, ça aura de la gueule, même si c'est normalement le rôle des députés je trouve.

C'est Bertrand qui devra gérer les négociations sur le contrat unique et les 3 autres grandes négociations pour septembre. Je me demande ce que va faire Borloo. Visiblement l'industrie (on l'a vu avec Airbus, c'est très bien), les entreprises (je suis ravi), le tourisme... Comment se concrétise le titre "emploi" de son ministère ?

Hortefeux va s'en prendre plein à cause du titre "identité nationale" de son poste. Il va falloir qu'il explique ce que c'est et comment ça se concrétise. Pour moi, faire partager notre histoire, notre langue, notre culture, nos valeurs et principes républicains aux immigrés est une très bonne chose. Je me pose la question de la différence avec l'intégration. Peut-être que l'intégration ne sous-entend pas cette "prise en héritage" de la culture et de l'histoire de France... "Intégration" évoque pour moi un échange entre les arrivants et les accueillants. ça tombe bien, le titre "intégration" fait aussi parti de ce ministère... A suivre...

Pecresse semble savoir ce qu'elle veut pour l'université, et est fille d'universitaire. Bon, ça me rassure un peu. Mais bon courage à elle en tout cas !!

Dati commence par une visite d'une prison et par des jeunes, bonne idée. Fillon commence par les femmes en détresse. Kouchner par le Darfour. Hortefeux par les demandeurs d'asile.

Dati les larmes aux yeux, Fillon aussi, c'est mignon.

Vivement les premières décisions...

vendredi 18 mai 2007

Gouvernement Fillon


Premier ministre

François Fillon, UMP, 53 ans.
Comme prévu. Architecte du projet, il fera tout pour sa réalisation. C'est un homme de dialogue et de courage. Négociation et décision. Mais je ne le trouve pas très bon communiquant, il n'a pas l'image médiatique d'un Sarkozy. Je pense que les 2 sont ravis de se partage des rôles. Fillon voyait un 1er ministre coordinateur de l'équipe gouvernementale, et un président responsable de la politique. Ils sont fait pour. Il s'attend à être fatalement impopulaire, ça ne le dérange pas. L'important pour lui est d'être reconnu par celui qui lui demande de faire ce travail : Sarkozy. L'inverse de Chirac, quoi.
Au final, je trouve ce poste très bon.

Ministre d'Etat, ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable
Alain Juppé, UMP, 61 ans.
Là je suis surpris. Les journalistes nous y préparent depuis plusieurs jours, mais je ne m'y attendais pas. Je le voyais rester sur Bordeaux, et faire quelques missions à l'internationale (genre pour l'organisation mondiale de l'environnement). Il aura a faire la fusion de pas mal de ministères et fonctions, mettre en place une fiscalité écologique, faire du secteur environnemental un pilier du développement économique, et toucher à l'aménagement du territoire... pour toute ces raisons, un homme de ces compétences est une bonne idée. Maintenant, j'attendais quelqu'un de plus jeune. On verra s'il réussi à faire une révolution écologique, et à communiquer là-dessus. Pense-t-il à 2012 ? A 66 ans, je pense que son âge sera un handicap. Mais ça peut lui permettre de finir sur une réussite assez populaire au niveau national, et redorer son image de 95 et de condamné.

Ministre de l'économie, des finances et de l'emploi
Jean-Louis Borloo, Parti radical, 56 ans.
Alors lui, évidemment, je suis ravi. J'espère qu'il aura en charge la formation professionnelle. Mais comment répartir les responsabilités avec le ministre du travail (Xavier Bertrand) ? Qui fera la flex-sécurité ? J'espère que ce sera Borloo. Il pourra montrer avec humanisme l'ambition de ces réformes. Et s'il s'occupe des petites entreprises, ce sera la fête !


Ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités locales
Michèle Alliot-Marie, UMP, 60 ans.
Pas bête, l'intérieur. On verra vite si elle se plante et Sarkozy pourra la virer :-) Vraiment pas bête, elle qui reprochait à Sarkozy son vocabulaire en banlieue, elle devra montrer ce dont elle est capable, et elle fera sans doute le maximum. Je pense qu'elle voudra plus d'humanité que Sarkozy dans la façon de faire, on verra...


Ministre des affaires étrangères et européennes
Bernard Kouchner, Parti socialiste, 67 ans.
Je l'aime beaucoup. Son livre-programme de l'été dernier se retrouve quasiment en entier dans le programme de Sarkozy. Ils se connaissent bien et s'estiment. Je pense que sur la plupart des sujets internationaux ils seront en accord et ça aura de la gueule ! Je ne serais pas surpris de voir aussi quelques désaccords, chacun avec sa personnalité forte... on verra comment ils gèrent ça. En tout cas les 2 ont une ambition forte pour la France et l'Europe, et ça c'est bon.

Ministre de l'immigration , de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement
Brice Hortefeux, UMP, 49 ans.
Je le connais peu. C'est un type qui a l'air assez zen. Je suis heureux que comme prévu le ministère de l'immigration s'occupe du co-développement. Je ne connais pas les capacité de Hortefeux sur le sujet... Il aura sans doute à travailler avec Kouchner ?

Ministre de la justice
Rachida Dati, UMP, 41 ans.
Comme prévu, et c'est heureux. Elle maîtrise le sujet, c'est une ancienne magistrate. Elle ne communique pas forcément très bien, mais sur les questions techniques elle a du répondant.

Ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité
Xavier Bertrand, UMP, 42 ans.
Quelle répartition des responsabilités avec Borloo à l'emploi ? En tout cas quelqu'un que j'aime bien, clair, travailleur, humain, zen, communiquant.

Ministre de l'éducation nationale
Xavier Darcos, UMP, 59 ans.
Je connais peu. Je viens de voir que Sarkozy l'a fait travailler sur la revalorisation de la condition enseignante. C'est plutôt une bonne chose pour commencer à ce ministère qui demandera beaucoup de courage ! En tout cas il connaît le sujet (enseignant, inspecteur et ministre), et s'intéressera facilement à l'enseignement artistique.

Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche
Valérie Pecresse, UMP, 39 ans.
Je me demande bien ce qu'elle va faire, je ne connais pas ses compétences sur le sujet, ni ses compétences de négociatrice, et je pense qu'il faudra en avoir pourtant ! A voir...

Ministre de la défense
Hervé Morin, UDF-majorité présidentielle, 45 ans.
Oui, bon, Pierre Lelouche doit être déçu. Morin connaît quelque chose à la défense ?

Ministre de la santé, de la jeunesse et des sports
Roselyne Bachelot, UMP, 60 ans.
Ha ben on l'attendait pas ici... Je me demande bien ce que ça va donner... Elle y connaît quelque chose au moins ? Au moins, elle est habituée à se faire taper dessus, ça peut servir... Et puis, elle fera l'équilibre avec Boutin pour l'image du gouvernement sur le thème homosexuel !

Ministre du logement et de la ville
Christine Boutin, UMP, 63 ans.
Ouais... Je m'en serais passé. Mais sur le logement, je sais qu'elle maîtrise le sujet. Et elle pourra peser au gouvernement pour la loi sur les prisons, ce qui est une bonne chose. Pour la ville, je pense qu'elle peut être pas mal pour les quartiers. En tout cas elle sera motivée pour réussir. On verra.

Ministre de l'agriculture et de la pêche
Christine Lagarde, 51 ans.
Bon, elle a des très bonnes compétences à l'international. Pour les négociation à l'OMC, ça peut être très bien. Pour le reste, je sais pas trop... Et le bio elle en dit quoi ?

Ministre de la culture et de la communication, porte-parole du gouvernement
Christine Albanel, 51 ans.
Finalement, pas de fusion avec l'éducation. Premier changement de Sarkozy par rapport au projet. Remarque, elle aura du boulot, et Darcos aussi.

Ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique
Eric Woerth, UMP, 51 ans.
Un comptable et quelqu'un qui s'est déjà occupé de réforme de l'Etat, c'est logique. Très bonne idée de regrouper les comptes publics. Pour la fonction publique, j'espère que c'est un bon négociateur...

Secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, auprès du premier ministre
Roger Karoutchi, UMP, 55 ans.
Oui bon, très bien.

Secrétaire d'Etat à la prospective et évaluation des politiques publiques, auprès du premier ministre
Eric Besson, ex-PS, 49 ans.
Ha, je pensais qu'il aurait juste quelques missions. Un de plus qui va s'intéresser au développement économique, y'aura donc du monde. C'est là que le boulot de Fillon prend du sens ; et qu'un gouvernement restreint pour débattre, aussi. Quelqu'un qui a le coeur à gauche pour évaluer les politiques publiques, c'est pas bête. Même si personne à gauche ne le croira. Moi j'approuve, je sais qu'il parlera franchement.

Secrétaire d'Etat aux transports, auprès du ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable
Dominique Bussereau, UMP, 54 ans.
J'espère qu'il est branché écologie...

Secrétaire d'Etat aux affaires européennes, auprès du ministre des affaires étrangères et européennes
Jean-Pierre Jouyet, 53 ans.
Je le connais pas, mais visiblement il connaît le sujet.

Hors gouvernement
Martin Hirsch, 43 ans, président d'Emmaüs-France, est nommé haut commissaire aux solidarités actives contre les pauvretés.
Très bien, très bien. "Haut commissaire", ça donne l'impression qu'il a refusé le poste de secrétaire d'Etat pour garder plus d'indépendance ?

Les autres secrétaires d'Etat seront nommés après les législatives. J'attends Yama Radé à la francophonie !

J'avoue que j'attendais un peu plus de nouveaux, de jeunes. Je réalise que même parmi les personnes d'ouverture, très peu ne connaissent pas personnellement Sarkozy. De quoi faire un gouvernement qui fait bloc.

Mais bon, maintenant, au travail !

samedi 12 mai 2007

Pour la révolution de la gauche

J'écoute pas mal de socialistes en ce moments. Je retiens plusieurs choses :
- ils trouvent remarquable le boulot qu'a fait Sarkozy de rassemblement de toute la droite, alors qu'ils l'attendaient divisée pour 2007. Et une droite unie jusqu'aux extrème devient très dure à battre.
- Sarkozy a eu l'ambition de faire de l'UMP un parti qui vise les 30% aux élections nationales, il l'a atteint. Hier, DSK a proposé le même objectif au PS.
- Ils dénoncent des propositions qui ne sont pas en phase avec la réalité mais qui ressasse des idées passées
- ils se rendent compte qu'ils n'ont pas fait le travail idéologique qu'ils auraient du faire depuis 2002, notamment car ils ont cru que les victoires des régionales et européennes signaient leur retour. Ou s'ils n'y croyaient pas, ils ont fait tout comme.
- Ils reconnaissent que la droite a fait son travail idéologique, et a su trouver des réponses aux attentes des français, tout en la décompléxant.
- Certains reconnaissent que notamment sur les retraites, le nucléaire, la dette, ils n'ont pas dit la vérité aux français ; par peur, ou parce qu'ils n'étaient pas d'accord, ou autre

Je crois que beaucoup d'éléments sont rassemblés pour cette révolution nécessaire de la gauche française :
- encore une défaite à une présidentielle, alors même que l'alternance semblait une évidence au départ et que toute la gauche a appelé à voter PS au second tour
- la prise de conscience est forte qu'un changement profond s'impose
- le score de l'extrême gauche est faible, le centre fort, rendant plus facile politiquement une évolution sociale-démocrate au PS
- des personnes sont prêts à porter ce mouvement
- beaucoup de nouveaux militants se sentent plus libre par rapport à l'histoire du PS
- Royal a abordé le thème de la dette, de la (petite) entreprise, de la sécurité

Mais il y a des difficultés :
- Royal et sont entourage ont méprisé le PS pendant la campagne ; elle a joué solitaire (elle + les électeurs, c'est tout) et souhaite je pense continuer comme ça ; elle n'est pas en phase avec les réalités économiques et les enjeux mondiaux
- pourtant elle a une légitimité électorale forte (candidate du PS + 17 millions de voix), donc c'est plus dur aux autres de faire sans elle ou contre elle...
- ceux qui veulent prendre la tête du changement risquent de se battre...
- certains vont quand même tenter de pousser vers l'extrême gauche, pour paraître légitime et rassembleur, mais surtout par ambition personnelle
- ceux qui ont l'expérience de l'exercice du pouvoir se font de plus en plus vieux... et où sont les têtes nouvelles au PS ?
- est-ce que certains partiront au Mouvement Démocrate (électeurs et politiques) ?

En tout cas je suis ça de près, je veux soutenir cette révolution nécessaire pour la gauche et pour notre pays !

mercredi 9 mai 2007

Rappel du projet - Environnement

L'écologie n'est pas à réserver au petit ministère de l'environnement. Il doit être au coeur de l'ensemble des politiques publiques. Il est en particulier au coeur de la politique de l'énergie, des transports, de l'équipement. J'ai été septique lors de la convention UMP sur l'environnement, puis convaincu. Car Nicolas Sarkozy a su convaincre sa famille politique sur des enjeux transpartisants, tout en rejoignant des problématiques qui sont chers à la droite (développement économique, baisse de la fiscalité sur le travail, etc.).
Son projet joue sur tous les leviers possibles (TVA, impôt, législation, dépense publique, organisation, etc.).
Voici 5 grandes lignes des mesures détaillées ci-dessous :

  • la prise de conscience qu'il faut aller vers une société de modération pour éviter une société de privation (et qu'il faut pour cela jouer sur tous les leviers d'action possibles, cf. les mesures ci-dessous)
  • la prise de conscience que l'épuisement des ressources amenera des guerres terribles car ce seront les plus désespérées, ainsi que des migrations gigantesques (donc politique exemplaire en France et en Europe, projet autour de la méditerranée détaillé plus bas, co-développement en Afrique, organisation mondiale de l'environnement, traité international sur les migrations, etc.)
  • un grand ministère de l'environnement, de l'équipement, des transports, de l'énergie et des risques industriels - un conseil stratégique du développement durable et de la lutte contre le changement climatique auprès du président de la République
  • une politique globale de réduction de la consommation d'énergie et d'eau - une baisse globale des émissions de gaz à effet de serre (voir ci-dessous)
  • un basculement en 5 ans de plus de 50 milliards de taxation sur le travail vers la taxation écologique - une TVA et fiscalité réduite pour les produits propres
Détail des mesures, dans ce que j'ai pu noter :
  • un grand ministère de l'environnement, de l'équipement, des transports, de l'énergie et des risques industriels.
  • Basculement des charges sur le travail vers de la fiscalité écologique à hauteur de 2,5 à 3% du PIB (53 à 68 Milliards d'euros !) en 5 ans
  • Créer la taxe sur le carbone importé, qui consiste à taxer les produits importés de pays non soumis à des obligations de réduction des émissions de gaz à effet de serre, en fonction de la quantité de CO2 émis pour leur production (accord UE nécessaire)
  • création d’un conseil stratégique du développement durable et de la lutte contre le changement climatique auprès du président de la République
  • création d’un comité environnemental, doté de la même indépendance et du même prestige que le comité national d’éthique, pour éclairer les Français de manière transparente et scientifiquement incontestable
  • Engager un programme de formation massive aussi bien d’experts spécialisés que de toutes les personnes dans tous les métiers pour créer un réel sursaut dans le domaine de l’écologie (artisans du bâtiment, ingénieurs des biens de consommation, etc.)
  • Une tarification de l’eau et de l’enlèvement des déchets fortement favorable aux attitudes économes
  • effort important de recherche dans le domaine de l’écologie, aussi bien au niveau national qu’européen
  • Faire un effort budgétaire en personnels, moyens et formation pour la recherche en santé environnementale
  • Donner aux communautés urbaines ou d’agglomération la possibilité d’édicter des normes en matière d’aménagement des entrées de ville et d’imposer une participation des entreprises à leur rénovation
  • Mettre en place un réseau de surveillance et de protection de l’environnement réunissant les associations de défense de la nature, les fédérations de chasseurs et de pêcheurs, et les représentants du monde rural
  • Permettre à chaque Français qui le souhaite de faire noter dans son dossier médical partagé les données environnementales le concernant, en particulier celles relatives à son métier
  • Agir, dans le cadre de l’Union européenne, pour créer une agence mondiale de l’environnement dotée de pouvoirs de contrainte et un droit international de l’environnement (accord UE nécessaire)
  • Renforcer notre stratégie d’influence en matière environnementale à l’échelle internationale. Exiger de nos partenaires, en particulier la Chine et les Etats-Unis qu’ils s’engagent dans une politique de réduction de leurs émissions de gaz à effets de serre
  • Accélérer nos transferts de technologies propres vers les pays les plus pauvres
  • politique d’achats publics systématiquement éco-responsable afin de faire participer les pouvoirs publics à l’effort environnemental et de baisser les prix des produits verts (haute qualité environnementale dans les bâtiments de l’Etat, approvisionnement des cantines publiques en produits bio, véhicules publics propres, biomasse ou énergie solaire pour chauffer les bâtiments publics...)
  • Principes : l’énergie la plus propre est, de loin, l’énergie non consommée. L’adoption de comportements respectueux de l’environnement ne doit jamais coûter plus cher aux ménages et aux entreprises. Choisir maintenant une société de la modération plutôt que d’avoir à subir demain une société de la privation.
  • améliorer l’information des consommateurs et l’étiquetage des produits, en particulier en ce qui concerne les pesticides (établir par décret une liste des pesticides utilisés pour la fabrication d’aliments destinés à la consommation humaine et ayant un impact sur la santé, et en informer les consommateurs)
  • aider les agriculteurs à mettre en œuvre des pratiques plus respectueuses de l’environnement en ce qui concerne l’utilisation de l’eau et des pesticides et pour la prise en compte du bien-être animal
  • développer l'agriculture biologique (en produire plutôt que l'importer !)
  • le service rendu par les OGM n’est toujours pas probant au regard des risques et des inquiétudes. Ne pas accepter l’utilisation des OGM, mais poursuivre la recherche et associer tous les partenaires (chercheurs, représentants des agriculteurs, associations de défense de l’environnement...) à son contrôle et à son évaluation
  • Supprimer la dette des pays pauvres qui font des efforts pour préserver leur biodiversité malgré les contraintes et les coûts présents que cela représente
  • créer davantage d’espaces protégés pour préserver la biodiversité et renforcer leur niveau de protection
  • Préserver notre réservoir de biodiversité outre-mer. Elaborer notamment dans chaque collectivité ultra-marine, un plan de développement durable avec les différents partenaires sur la base d’un diagnostic de territoire
  • Instaurer un droit d’accès des citoyens aux documents d’information en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection, par la création d’une autorité indépendante (« CADA du nucléaire ») faisant le tri entre les documents communicables et les documents non communicables pour des raisons de sécurité
  • projet de baisse de la TVA sur les produits propres (accord UE nécessaire)
  • un plan national, impliquant tous les Français et tous les secteurs de l’économie, destiné à résoudre en une génération maximum les principaux problèmes écologiques de la France (deux générations pour le climat). Des indicateurs annuels de suivi permettront à chacun de mesurer les progrès accomplis. Les décisions seront prises à l’issue de débats publics avec tous les intervenants concernés, citoyens, entreprises, associations, et bien sûr les collectivités territoriales qui sont un maillon déterminant.
  • diviser par 4 les émissions de CO2 d'ici 2050 :
    • maintenir et renouveller note parc nucléaire
    • investir dans la recherche pour aboutir le plus vite possible à des alternatives du type "pile à hydrogène"
    • développer des transports en commun rapides, confortables, sûrs, circulant sur une large amplitude horaire
    • inciter au covoiturage (par la création, notamment, de files réservées et la réduction des tarifs de péage)
    • encourager l’utilisation du vélo (vélos mis gratuitement à disposition en ville, parcs à vélos gardés...).
    • pour les transports longs, développer le fret ferroviaire, le ferroutage, les canaux et les autoroutes de la mer (le + important trafic de poids lourds en France est celui qui va de la Grande-Bretagne à l’Espagne)
    • détaxation de certaines énergies (biocarburants par exemple pendants 10 ans)
    • création d’une pastille bleue donnant aux véhicules propres certains avantages significatifs (voies réservées, baisse des tarifs de péage, stationnement gratuit...)
    • Réguler la vitesse par panneaux lumineux sur les axes routiers importants
    • TVA à taux réduit pour les voitures "propres" (accord UE nécessaire)
    • Assurer l’isolation de tous les logements anciens par le crédit d’impôt environnement et la création d’un prêt à taux zéro. Permettre à celui qui fait les travaux d’en récupérer le coût par les économies d’énergie produites
    • exiger des entreprises du pétrole d'investir dans des sources d'enegie propres
    • une tarification l’électricité fortement favorable aux attitudes économes
    • crédit d'impôt environnement au profit des ménages, des entreprises et de tous les autres organismes qui investissent dans la recherche, dans la formation et dans des équipements permettant de réduire la consommation énergétique et de favoriser l’utilisation d’énergies renouvelables (1 milliard d'euros)
    • pour les ménages, en plus du crédit d'impôt, un prêt à taux 0, notammment pour l'isolation des batiments et l’acquisition d’équipements fonctionnant aux énergies renouvelables
    • Pour les produits agricoles, le choix des circuits courts (une consommation au plus près de la production) avec au moins 2 avantages : moins d’émissions de gaz à effet de serre au titre du transport et possibilité pour les agriculteurs de choisir les productions les plus respectueuses de l’environnement
    • redevance pour l’utilisation de notre réseau routier et autoroutier par les camions, qui reflétera le coût porté au réseau et surtout à l’environnement par ce mode de transport des marchandises (la taxe à l’essieu, qui en pratique n’est payée que par les transporteurs français, sera supprimée, + 400 millions d'euros au final)
    • aide au transport routier pour améliorer son rendement énergétique, se doter de véhicules propres, développer sa complémentarité avec les autres moyens de transport
    • acquérir une situation de leadership comparable à celle du nucléaire dans le domaine des énergies renouvellables (biomasse, éolien offshore, chauffe-eau solaires, cellules photovoltaïques, géothermie...)
  • Budget :
    • Recettes : redevance pour l’utilisation de notre réseau routier et autoroutier par les camions (moins la suppression de la taxe à l'essieu) = + 400 millions d'euros
    • Recettes en cas d'accord européen : taxe sur la carbone importé non chiffrable aujourd'hui
    • Dépenses : crédit d'impôt environnement supplémentaire (1 milliard d'euros), augmentation du budget recherche écolo dans le cadre du budget global de la recherche (4 milliards recherche publique, 5 milliards université, 11 milliards recherche privée)
    • Le reste des dépenses (et non des réductions fiscales) se fera par redéploiements et gain de productivité (par exemple par la fusion des ministères). Evidemment, avec l'investissement dans la recherche et le soutien de la consommation de produits verts, il y a une source d'emplois et de croissance considérables.
  • Calendrier des décisions :
    • mai 2007 : grand ministère pour 5 ans - conseil de développement durable - rencontre avec les ONG et autres partenaires pour préparer la conférence de l'automne
    • automne 2007 : conférence sur l'écologie avec prise de décisions - première reforme de fiscalité écologique (notamment carburants verts défiscalisés pour 10 ans) - peut-être une décision sur les OGM

Quelques vidéos pour la réflexion

Je n'ai pour le moment pas envie de revenir sur les résultats, tout a été dit je crois.

Je viens de trouver quelques vidéos que je trouve très intéressantes.
En voici 3 séries :

2 vidéos de Michel Barnier :
http://www.christian-blanc.net/site/
- Michel Barnier : Europe : les défis globaux et régionaux dans le monde (il fait une intro d'environ 2mn30)
- Michel Barnier : Un projet européen
C'est un peu long, mais bien je trouve.

Il y aussi Jacques Attali dans "Conversation d'avenirs" que vous trouvez sur youtube par exemple en cherchant "conversation avenirs".
http://youtube.com/results?search_query=conversation+avenirs&search=Search

Et Christian Blanc sur la recherche, l'économie et Sarkozy (notamment sur son attitude pendant la crise des banlieues) :
http://www.dailymotion.com/search/christian%20blanc/video/x1tgzg_etat-de-la-france
http://www.dailymotion.com/group/3697

samedi 5 mai 2007

Les médias manipulés...

Ces dernières semaines particulièrement, Sarkozy a été attaqué sur le thème "il dirige les médias" ou "les médias sont pro-Sarkozy".
Il est ami avec de grands patrons de groupe de médias, il connaît beaucoup de journalistes.
A après ?

1) Je rejoins Jean-Michel Apathie (RTL et le Grand Journal) qui sur son blog trouve cela insultant pour les journalistes. Ils font leur boulot en toute indépendance pour l'immense majorité d'entre eux. Faire croire que les journalistes accepteraient de se taire ou d'orienter leur travail pour Sarkozy car leur direction leur impose, se serait avoir une piètre vision des journalistes... Et sans preuve, c'est plutôt insultant.

2) Je mets quelque bémols à mon propos, à cause de TF1 : les patrons de TF1 souhaitent le bi-partisme en France ; le choix des sujets des reportages et émissions avant les élections peut faire penser à de la campagne pro-droite.

3) Après, il y a des sensibilités "individuelles".
Voici mon avis :
Pro-Sarkozy :
* journalistes : Elkabash, Pernaud, Claire Chazal, une bonne partie du Figaro
* divertissements : Laurent Gerra
Contre Sarkozy :
* divertissements : Guignols, Groland, Zapping, au Grand Journal (Thomas, SAV), en apparté...
* journalistes : une partie de France Télévision, Libération, Mariane, une partie du Monde (assez subtilement)


Mais si j'observe l'attitude de Sarkozy avec les médias, d'après ce que je peux voir et vérifier comme information :
- il vient là où on l'invite, même si c'est Libération ou France 3 (même si les journalistes ne lui sont pas acquis)
- il répond à leurs questions
- il dit s'il n'est pas content de leur travail, parfois même en piquant sa colère

Si j'observe l'attitude de Royal ces dernières semaines :
- lors du Arrêt sur Image qui lui est consacré, les journalistes qui la suivent ont été punis quand ils ont fait un travail qui ne lui a pas plu : elle ne les a plus invité à la suivre, elle ne les a plus informé de ses déplacements, elle ne leur a plus parlé en off. On voit même une vidéo où Elkabash est appelé "le mouton", le traître... et elle arrête son off jusqu'à ce qu'il soit parti.
- elle a refusé au moins une dizaine d'interview où on l'avait invitée. Remplacement à la dernière minute par quelqu'un d'autre, avec une excuse. Coïncidence, c'est plutôt avec des journalistes qui pouvaient la mettre en difficulté.
- pendant les 3 dernières semaines de campagne au moins, elle ne répond pas aux questions : elle lance les messages qu'elle a envie de faire passer, elle fait sa propagande en respectant très peu le travail des journalistes


Pour finir, j'ai beaucoup de mal à voir dans les médias un traitement du travail de Sarkozy ou de sa personne qui me donne envie de voter pour lui, et c'est pareil pour mon entourage. Et pourtant les mêmes trouvent les médias pro-Sarkozistes... Il faudrait des exemples précis pour décortiquer ça...

Ha oui, y'a aussi les journalistes qui parlent de vie privée. Moi je m'en fous. J'imagine que des 2 côté y'a eu des pressions. Raphaëlle Bacqué du Monde en parle pour un hebdomadaire du côté de Royal, et des mails parlent de pressions du côté de Sarkozy...

jeudi 3 mai 2007

Quelques chiffres et surprises

Quelques surprises venant d'une candidate de gauche :
- Royal ne veut pas augmenter le nombre de fonctionnaire, mais le stabiliser. "J'ai dit que je
maintenais le nombre de fonctionnaires. Et que je redéploierai."
- elle veut augmenter le nombre de policiers (alors que même Sarkozy ne le propose pas !). Sarkozy : "Pourquoi n'avez-vous pas voté les budgets de la police ?" Ségolène Royal : "Parce que ce n'était pas suffisant, sans doute" (sic).
- elle juge que le droit opposable c'est "l'obsession des tribunaux". Quid du droit au logement ? "C'est pas sérieux, ce que vous proposez !", dit-elle. (sic)
- elle est pour la réforme des régimes spéciaux (si j'ai bien compris), et plutôt contre l'entrée de la Turquie (là je suis moins sûr d'avoir compris), et la réforme Fillon sera modifiée à la marge en en gardant les principes essentiels (là c'est vraiment de la devinette par rapport à ce qu'elle a dit).
- elle est contre la régularisation massive des sans papiers, et pour du cas par cas.


Quelques chiffres :

- la part de l'électricité produite par le nucléaire est de 78% (au 31/12/2005), pas les 17% de Royal ni les 50% de Sarkozy (bon, au juste prix Sarkozy aurait gagné, mais on est loin d'un jeu !) ; 17% c'est la part d'énergie consommée en France qui est d'origine nucléaire.

- l'EPR, c'est en effet la 3ème génération de centrale nucléaire, pas la 4ème comme le dit Sarkozy. Et en effet, si on ne fait pas l'EPR maintenant et qu'on saute une génération, celle-ci ne sera pas prête à la fin de vie de nos centrales. Donc on les prolonge (c'est dangereux), ou on les arrête (fin du nucléaire pendant quelques années avant la 4ème génération, donc fin du nucléaire tout court quelque part).

- à la rentrée 2006, quelque 160 000 enfants handicapés ont pu intégrer une classe en milieu ordinaire (application de la loi du 11 février 2005). Rentrée 2001 : 67.000 pour le 1er degré et de 22.000 pour le 2nd degré. Même so c'est loin d'être parfait, en 5 ans leur nombre a quasiment doublé. C'est sur ce mensonge que Royal justifie sa colère...
Une de mes sources : Rapport du député Guy Geoffroy sur la réussite de la scolarisation des enfants handicapés : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/064000842/0000.pdf

- les 50% d'actes de délinquances réalisés par 5% de multirécidivistes est un chiffre largement approximatif utilisé par Sarkozy. Je n'ai plus le rapport sur lequel il s'appuie, mais c'est pas très fiable ou détourné (sources à chercher...), même si la tendance reste vraie.

- Royal : les 35h ont créé 1.000.000 d'emplois ! (sic). En octobre 2000, le ministère de l'Emploi estime que le mouvement de réduction du temps de travail a permis la création OU le maintien de près de 232 000 emplois. A la fin du gouvernement Jospin, le site internet affiche presque 347 000 emplois ainsi créés OU préservés. Et bien sûr rien sur les embauches gelées, les salaires gelés, les entreprises fermées. Mais en tout cas, 1 million, fallait oser !

- Royal : "Je prends l'engagement que tout ce qui sera au-dessus de 2,5 % de croissance sera consacré au remboursement de la dette". Arrg ! Autant dire qu'on s'en fout, quoi. Pour moi c'est violemment antisocial, complètement irresponsable et montre un désintérêt pour un sujet capital pour l'avenir de la France.

- Retraite : les lois Fillon garantissent le financement du régime général jusqu'en 2020 à condition de passer à 41 ans de cotisation en 2012 et 42 en 2020, et d'obtenir le plein emploi (5% maximum de chômage) d'ici 2012 environ. Aujourd'hui ce régime est déficitaire, notamment car il a permis des départs anticipés à la retraite pour ceux qui ont commencé très tôt à travailler.

- le taux des prélèvements obligatoires a atteint 44,4 % en 2006 en France. Nous ne sommes pas le pays d'Europe qui a les impôts les plus élevés comme le dit Sarkozy, mais le 5ème. C'est surtout les pays scandinaves qui sont devant.

Réactions à chaud après LE débat !

2h30 de débat en direct, parfois tendu, en tout cas la pression était immense !
A mon avis, ce débat va conforter chacun dans ces positions.
Ceux qui soutiennent Royal trouveront ses phrases positives, et trouveront Sarkozy scandaleux et faux.
Ceux qui soutiennent Sarkozy trouveront son projet convaincant, et trouveront Royal floue voire sectaire quand elle s'énerve.

Au final je crois que Ségolène a été plus séduisante et Sarkozy plus convaincant.

Je crois que Sarkozy reste avec cette image de petit nerveux qui veut être davantage reconnu et espère tellement convaincre sur son projet.
Il a une certaine légitimité car il a fait son boulot de président de l'UMP et son boulot de candidat, qu'il l'a très bien fait, qu'il arrive en effet avec un projet béton et complet, et qu'il a en effet l'énergie et les mécanismes pour le réaliser. Et il doit être scandalisé de voir que Royal peut arriver à ce niveau de l'élection sans projet précis et sans assez de préparation pour la fonction. Il a de quoi être inquiet pour le pays (et moi aussi !). Mais son acharnement à aller la chercher sur son flou et son impréparation se retourne contre lui : il a l'air arrogant ou de mauvaise foi. Quand à son besoin de reconnaissance, je crois que c'est un problème personnel, même s'il a aussi souffert de l'absence de légitimité des idées de la droite pendant longtemps.
On le savait déjà, mais on voit que ce n'est pas un homme de lettre et de bons mots. Il sait répondre sur le projet, sur l'action, c'est sa force ; il ne sait pas faire mouche verbalement (ou alors il faut que ce soit écrit avant !). Et élire un président comme ça, ce serait un vraie rupture avec Mitterand et Chirac. Ce serait une vraie rupture avec notre tradition des mots plutôt que des faits, de la "prestance" plutôt que des résultats.

Je crois que Royal reste avec cette image... d'image ! De belles phrases, un beau sourire, de belles intentions, de belles généralités... et une ou deux nouveautés dans le langage traditionnel de gauche. Elle croit réellement que Sarkozy est méchant, que le nombre d'handicapés scolarisés en structure classique a baissé, et qu'il en est responsable. Et du coup sa colère est sincère quand elle l'entend parler de son projet pour les handicapés. (ou alors elle est sincèrement énervée car elle voulait battre Sarkozy sur ce sujet et que c'est lui qui l'aborde et qui frappe fort). Le soucis est que le nombre de handicapés scolarisés en milieu classique a augmenté en 5 ans. Le soucis est que ça fait des mois que le projet de Sarkozy pour les handicapés est connu et qu'il est crédible. Le soucis est que le droit opposable, c'est une bonne chose (y'a qu'à demander à l'association Droit Au Logement si son obsession c'est les tribunaux... cet argument de Royal était nul, mais Sarkozy a très mal répliqué là-dessus). Derrière sa colère, il y avait aussi peut-être l'impossibilité de croire qu'un politique de droite puisse avoir un projet social ou humaniste sincère et crédible. Et là dessus une majorité de gens de gauche la rejoindront et seront convaincus par cette colère qui est aussi la leur. Le problème est de savoir si elle repose sur un automatisme et des apriori ou sur la réalité des choses...

Au final je pense donc que Ségolène va conforter et gagner des voix à gauche. Rien de précis qui pourraient les choquer, de belles phrases et une belle colère. ça marche depuis 30 ans. Certains n'y croient plus, notamment dans les classes populaires (mais aussi chez des démocrates sociaux). Personnellement je n'en peux plus, je ne le supporte plus, je pense que c'est une immense hypocrisie et un luxe qu'on ne peut pas se permettre pendant 5 ans, notamment pour les plus fragiles, mais aussi pour la voix de la France en Europe et dans le monde.
Donc je pense qu'elle raliera quelques indécis à gauche. Mais peut-elle convaincre une majorité de Français avec ça ?

Par contre, je ne pense pas que Sarkozy y gagnera ce soir. Son projet, on le connaissait déjà et ce débat n'y apporte rien de nouveau. Il n'est rien d'autre qu'un homme de projet et d'action (et de spectacle !), et ne pourra sans doute pas nous séduire autrement. C'est sa différence principale avec De Gaulle je pense (sinon les points communs ne manquent pas je trouve). Ce soir on a pu voir sans doute des faiblesses personnelles. Est-ce que la France peut élire un président sur un projet, malgré ses coups de gueule, malgré sa façon vive d'engager un débat, malgré son besoin de reconnaissance et un certain sentiment de victimisation ?

Finalement, est-ce qu'on peut élire un humain sincère dont on connaît notamment les défauts et qui est là avant tout pour agir et réaliser ce sur quoi il s'engage ? Ou préfère-t-on un candidat qui efface sa personnalité, qui calcule ses mots et choisit ses interlocuteurs, et qui est là avant tout pour nous donner bonne conscience (de gauche) ?
Je crois que c'est notamment là que se joue la séparation de l'électorat Sarkozy-Royal.

Rendez-vous dimanche !

mardi 1 mai 2007

La droite populaire

Dimanche dernier à Bercy, gros meeting de Sarkozy, avec des stars : Bigard, Véronique Genest, Gilbert Montagné, Enrico Macias, Hallyday, Philippe Bouvard, Thierry Roland...

Bien sûr y'a aussi eu Henri Salvador, Glucksmann... Mais j'insiste sur ceux-là car ils incarnent les stars de la France populaire, à mon avis.
Et ça donne un rassemblement qui est sans doute "ringard" voire "bas de gamme" vue depuis une certaine gauche, ou une certaine bourgeoisie.
Même moi, ces stars-là ne sont pas les miennes.

Mais je réalise au moins 2 choses :

1) La droite populaire existe
Jusqu'à présent j'avais tendance à voir facilement à droite des riches, des patrons, et quelques milieux ancrés à droite. Mais je trouvais que le mot "populaire" dans "union pour un mouvement populaire" était usurpé.
Je découvre aujourd'hui cette droite populaire. Une classe populaire qui aime qu'on parle de la France, de certaines valeurs (notamment l'autorité, le mérite, le travail, etc.). Qui se retrouve assez facilement dans TF1 je pense.

2) Pour être élu, un futur président doit rassembler largement
Pour faire plus de 50% à la présidentielle, il faut réunir sur son nom des gens de toute classe sociale. Il faut pouvoir parler aux intellectuels, à ceux qui s'intéressent à l'économie et la politique étrangère, tout comme à ceux qui effleurent la politique en s'intéressant surtout à leur quotidien. L'ambition d'un projet présidentiel et de sa personne, c'est de parler à tout le monde, sans perdre en cohérence. C'est en ça que l'élection est en fait bien légitime, que le président représente bien les français. Il n'a pas le choix de rassembler largement sur son nom et son projet pour être élu.

Je crois que Sarkozy a réussi a parler à cette droite populaire, et à la ramener à voter pour la droite républicaine. Je crois qu'il a su s'adresser à tout le monde sans se renier, et à développer un projet qui peut parler à tous sans perdre en cohérence.