Vous avez salué l'entrée de Fadela Amara dans le gouvernement. Est-ce compatible avec un engagement à gauche ?
J'ai appelé Fadela pour la féliciter et l'encourager. Il y a des enjeux qui dépassent les clivages : lutter contre le racisme, la montée des intégrismes et du communautarisme. J'ai trouvé petit les accusations de trahison. La gauche est prise la main dans le sac avec un discours à l'opposé de ses actes. Deux exemples. Quand Bariza Khiari, dirigeante du PS, envoie une lettre de soutien à Fawaz Karimet et que le premier secrétaire de la fédération de l'Ain la traite de "gauche tajine", qu'elle va devant la commission des conflits du PS et qu'il ne se passe rien, c'est insupportable. Quand Michèle Sabban, au bureau national, propose que les collectivités socialistes suppriment les subventions à l'association Ni putes ni soumises parce que Fadela Amara est entrée dans le gouvernement, je remarque que cette idée n'a traversé la tête de personne pour Emmaüs quand son président, Martin Hirsch, l'a précédée. Ceci révèle que, pour toute une génération de dirigeants socialistes, le mouvement des associations de banlieue doit rester avant tout une courroie de transmission et qu'ils aiment Fadela quand elle colle des affiches, pas quand elle prend ses responsabilités.
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