J'écoute pas mal de socialistes en ce moments. Je retiens plusieurs choses :
- ils trouvent remarquable le boulot qu'a fait Sarkozy de rassemblement de toute la droite, alors qu'ils l'attendaient divisée pour 2007. Et une droite unie jusqu'aux extrème devient très dure à battre.
- Sarkozy a eu l'ambition de faire de l'UMP un parti qui vise les 30% aux élections nationales, il l'a atteint. Hier, DSK a proposé le même objectif au PS.
- Ils dénoncent des propositions qui ne sont pas en phase avec la réalité mais qui ressasse des idées passées
- ils se rendent compte qu'ils n'ont pas fait le travail idéologique qu'ils auraient du faire depuis 2002, notamment car ils ont cru que les victoires des régionales et européennes signaient leur retour. Ou s'ils n'y croyaient pas, ils ont fait tout comme.
- Ils reconnaissent que la droite a fait son travail idéologique, et a su trouver des réponses aux attentes des français, tout en la décompléxant.
- Certains reconnaissent que notamment sur les retraites, le nucléaire, la dette, ils n'ont pas dit la vérité aux français ; par peur, ou parce qu'ils n'étaient pas d'accord, ou autre
Je crois que beaucoup d'éléments sont rassemblés pour cette révolution nécessaire de la gauche française :
- encore une défaite à une présidentielle, alors même que l'alternance semblait une évidence au départ et que toute la gauche a appelé à voter PS au second tour
- la prise de conscience est forte qu'un changement profond s'impose
- le score de l'extrême gauche est faible, le centre fort, rendant plus facile politiquement une évolution sociale-démocrate au PS
- des personnes sont prêts à porter ce mouvement
- beaucoup de nouveaux militants se sentent plus libre par rapport à l'histoire du PS
- Royal a abordé le thème de la dette, de la (petite) entreprise, de la sécurité
Mais il y a des difficultés :
- Royal et sont entourage ont méprisé le PS pendant la campagne ; elle a joué solitaire (elle + les électeurs, c'est tout) et souhaite je pense continuer comme ça ; elle n'est pas en phase avec les réalités économiques et les enjeux mondiaux
- pourtant elle a une légitimité électorale forte (candidate du PS + 17 millions de voix), donc c'est plus dur aux autres de faire sans elle ou contre elle...
- ceux qui veulent prendre la tête du changement risquent de se battre...
- certains vont quand même tenter de pousser vers l'extrême gauche, pour paraître légitime et rassembleur, mais surtout par ambition personnelle
- ceux qui ont l'expérience de l'exercice du pouvoir se font de plus en plus vieux... et où sont les têtes nouvelles au PS ?
- est-ce que certains partiront au Mouvement Démocrate (électeurs et politiques) ?
En tout cas je suis ça de près, je veux soutenir cette révolution nécessaire pour la gauche et pour notre pays !
samedi 12 mai 2007
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