Globalement je comprends les principes de la politique de Sarkozy entre 2002 et 2006 ainsi :
* Pour les nouveaux arrivants :
- une décision rapide pour les demandeurs d'asile ou autre demande de papier
- immigration légale : contrat d'intégration (400h de français au besoin, etc.), pas de double peine
- immigration illégale : éloignement (effectif !)
- co-développement, accord avec les pays d'origine, favoriser les aller-retours, etc.
- favoriser l'immigration du travail, encadrer le regroupement familial (que la personne qui accueille ait les moyens de le faire et montre des signes d'intégration)
* Pour les anciens qui ont été déboutés des demandes d'asile (dont le traitement des dossiers durait 2 ans ou plus à l'époque, temps pendant lequel ils se sont installé) ou les clandestins qui ont été attirés par le laxisme affiché, les régularisations massives et les papiers automatiquement obtenu en 10 ans : régularisation au cas par cas (mais quasi systématique dès qu'il y a une famille et des marques d'intégration). Ainsi :
- les régularisations "au fil de l'eau" ont largement augmentées sous Sarkozy, on en est à plus de 22.000 par an en 2006 (autour de 10.000 en 2002 je crois)
- même après la fin de la circulaire de l'été 2006 (6900 familles concernées), les régularisations de familles continuent à un rythme soutenu
- pour les squatters de Cachan (pour beaucoup des familles) : "tout le monde est en voie d'être régularisé, et beaucoup le sont déjà" (Fidèle Nitiéma, porte-parole des Mille de Cachan)
- le mouvement Ni Putes Ni Soumises affirme que Nicolas Sarkozy les a aidé efficacement quand il fallait régulariser des femmes en danger
MAIS :
- il y a des cas de zèles (notamment policiers) révoltants
- il faut faire tout ça avec beaucoup beaucoup beaucoup plus d'humanité (notamment le parcours du combattant des demandeurs d'asile, particulièrement scandaleux)
- je comprends la volonté de ne pas faire de publicité sur ces régularisations au fil de l'eau (car les Français ne veulent majoritairement pas de régularisation massive, et car cette affichage favorise l'immigration clandestine). Mais il est un peu hypocrite (on dit qu'on fait du cas par cas, mais tout le monde est accepté, en gros ; et parce que ce n'est pas en un été et une circulaire que tout est réglé !). Et ça donne une image globale de la politique d'immigration qui excite et médiatise bon nombre de mouvements de gauche... qui favorisent une vision "totalement inhumaine" de notre politique d'immigration.
Au final :
- j'approuve les principes de la politique d'immigration proposée par Sarkozy depuis 2002
- mais je suis scandalisé par l'inhumanité de notre gestion de l'immigration (même avant 2002 d'ailleurs) et inquiet car le projet présidentiel de Sarkozy n'en parle pas !
Je préfère cependant ces principes à une absence de politique de l'immigration, qui elle aussi entraîne des drames humains considérables.
jeudi 5 avril 2007
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