vendredi 23 mars 2007

Le programme de José Bové

José Bové... et l'extrême en gauche en général !

Je soutiens l'homme dans son combat contre les OGM et la malbouffe.
Côté programme, je regarde ce site : http://josebove2007.org/spip/spip.php?article51

Voici mes réactions face aux objectifs :

Nos objectifs sont le pouvoir des peuples de décider de leur destin et la possibilité pour chacun-e de vivre dignement et décemment grâce à un développement des activités humaines n’opposant plus les réalités sociales, économiques, écologiques.
J'approuve !
Nos valeurs sont celles de l’égalité, de la solidarité et de la liberté, qui font du libre développement de chacun-e la condition du libre développement de tous.

L'idée que le bonheur collectif est la somme de bonheurs individuels librement choisis est assez libéral. C'est un peu individualiste pour moi, mais m'idée de solidarité équilibre le propos.

Nos méthodes sont le respect des biens communs, la garantie des droits individuels et collectifs, économiques, sociaux, politiques ou culturels
J'approuve !

...et l’appropriation sociale de leurs instruments nécessaires. Ce sont la souveraineté populaire et la citoyenneté élargie, que ce soit dans la cité ou dans l’entreprise.
C'est un peu ambiguë, mais j'approuve.

C’est l’égalité réelle et non formelle entre les femmes et les hommes, dans tous les domaines ; c’est le refus du racisme, de la xénophobie, du sexisme, de l’homophobie, de toutes les discriminations.
J'approuve !
En bref, notre objectif, notre principe et notre méthode, c’est une démocratie sociale et participative, où chacun-e participe à part égale au pouvoir, quelle que soit son origine ou son statut.
C'est l'objectif utopique de la démocratie (mais vers lequel il faut tendre !) : j'approuve !

Une démocratie qui s’appuiera sur la mobilisation et la lutte, car nous savons que les privilégiés du système actuel ne voudront pas perdre leur privilèges.
Un peu trop guerrier pour moi. La lutte contre une classe ne fait pas parti de mes méthodes démocratiques favorites !


Dès la définition de l'essentiel, ma position se dessine : j'approuve les objectifs, mais me méfie des méthodes qui se base sur la lutte d'une partie de la société contre une autre.
Mais voyons la suite...


La suite est longue, je n'ai pas tout lu mais pas mal quand même, sans RIEN trouver de nouveau. C'est de l'extrême gauche habituelle.
Par exemple, pour la politique économique et sociale de la France, l'idée est de faire ce qui a largement été essayé ces 30 dernières années et qui a échoué, mais en le faisant beaucoup plus fortement.
ça revient à peu prêt à faire du Mitterand en 1981 : augmentation immédiate et forte du SMIC, moins de temps de travail à l'année, hausse forte des minima sociaux, nationalisations...
En 1982-83, ça a amené la France au bord de la cessassion de paiement. La dette a explosé. L'Etat a du imposer un blocage des salaires pendant des mois (ce qui ne s'était pas vu depuis la guerre). Le chômage n'a pas baissé, au contraire. Le pouvoir d'achat n'a pas augmenté, au contraire. Bilan social nul.

Il suffit d'avoir quelques bases en économie pour voir que ça ne marche pas.
Par exemple, croire que la sécurité de l'emploi passe par le blocage du licenciement... je crois que c'est une des propositions qui ridiculise rapidement le reste du projet.
Par exemple, si on augmente le SMIC de 300 € net brutalement, ça augmente radicalement le coût du travail et donc :
  • soit les produits français deviennent plus cher (le pouvoir d'achat n'augmente pas, par contre ces produits se vendent moins bien à l'étranger, donc chômage)
  • soit les gens achète des produits étrangers pour gagner en pouvoir d'achat (donc chômage en France)
  • soit il y a des gains énormes de productivité (on a déjà la plus forte productivité horaire du monde... au niveau conditions de travail c'est déjà pas terrible...)
Le SMIC a beaucoup augmenté en 5 ans, le pouvoir d'achat n'a pourtant pas concrètement augmenté pour les smicards !

En fait la plupart des propositions sociales sont sur le même style...

L'idée est donc de rester dans notre train d'irréalisme (et au final de casse sociale, car c'est les plus fragiles qui trinquent) dans lequel on est depuis 25 ans (à quelques détails positifs près)... mais en passant l'accélérateur ! Miam...


Et il y a une petite faille... La France emprunte tous les ans autant qu'elle rembourse d'emprunts... Pour une famille ou une entreprise on appellerait ça "la faillite" ! On a 1200 milliards d'euros de dette (2000 en anticipant les retraites de la fonction publique)... Le projet propose d'augmenter dans des proportions considérables la dépense publique. Je ne vois que 2 possibilités pour la financer :
  • emprunter encore plus. C'est à dire être violemment anti-social par rapport aux jeunes. Et risquer la vrai faillite avec pourquoi pas la prise de contrôle par le FMI ?
  • exploser nos besoins en croissance. Mais premièrement, le projet est complètement destructeur de richesses; et deuxièmement, je crois pour l'avenir de la planète qu'il faut pouvoir vivre (sans emprunter !) avec une croissance modérée. Dépendre encore plus d'une croissance très forte est à mon avis dangereux pour notre avenir. C'est une question de développement durable.


Il y a cependant une possibilité que ce projet soit viable : en fermant nos frontières. Du vrai communisme, quoi (même si on peut en varier le degré). ça permet aux grosses entreprises de ne pas fuir un pays où il ne fait pas bon embaucher et produire. ça permet d'empêcher les plus riches de partir. ça permet aussi de taxer les importations pour que nos produits soient choisis par les Français.
Dans le monde actuel (capitaliste et mondialisé), la seule façon de s'approcher d'un modèle communiste est de fermer les frontières, sinon le pays s'écroule !
Même si ça se faisait, je ne suis pas sûr que la France tiendrait longtemps. Et de toute façon, je suis trop attaché à la liberté et l'ouverture pour être tenté par se genre de projet.


Et puis, tout ça est présenté comme une lutte contre la précarité alors qu'il s'agit d'une lutte des classes. Par exemple je fais parti des 2 millions de petits patrons qui ont :
- pas de revenus minimum (j'ai commencé à 700 € net)
- pas de chômage
- peu de sécurité en cas de pbm de santé (l'entreprise peut couler)
- pas de vacances garanties (au bout de 3 ans, j'arrive à 2 semaines par an)
- pas de temps limite de travail, ni de durée normale (je suis à 40h environ)
- etc.
Si le projet était d'augmenter le revenu de 300 € net pour tous ceux qui sont dans la fouchette basse des revenus, j'en ferais parti ! Mais ce n'est pas le cas... Le but est de prendre de l'argent aux patrons pour le donner aux salariés (une idée révolutionnaire, non ? et rudement efficace bien sûr...).

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