Un billet très personnel, tiens.
2002-2003 : Sarkozy arrive au ministère de l'intérieur. Je ne le supporte pas. Physiquement, ça ne passe pas. Son affichage de résultats futurs ne passe pas. Je comprend les "on va tout faire pour ça", mais plus difficilement les "on va réussir ça" que je trouve prétentieux voire populistes.
"On va arrêter Yvan Colonna", "on va faire reculer la délinquance", "on va faire baisser le nombre de morts sur la route". Tout ça ne passe pas.
Et puis arrive les premières lois sécuritaires. J'ai jamais accroché à ce type de lois. Pour moi la solution est dans la façon de faire, sur le terrain, plutôt que dans un texte de loi ultra-répressif.
Même si certains aspects m'ont l'air sensés, je regrette à ce moment le silence de la gauche.
2004 : il passe au ministère de l'économie. J'apprécie sa pédagogie sur l'état de nos finances, il a tout un tas de propositions qui ne coûtent pas cher à l'Etat et qu'il met en oeuvre. Je m'étonne de le voir aussi peu libéral avec Alstom, Sanofi et quelques autres entreprises. J'approuve complètement sa façon de faire pour Alstom. Au-lieu de venir pleurer avec les les licenciés et sortir quelques allocations, il défend un projet industriel à Bruxelle (il bataille durement !), fait investir 600 millions d'euros à l'Etat, vient expliquer sa position aux ouvriers
.
2005 : Je découvre Sarkozy président de l'UMP et c'est là que ça commence à changer. Il démocratise le mouvement, fait tout pour faire un maximum de militant, organise des conventions pour préparer le projet 2007. Et ces conventions sont exactement ce que j'attends d'un parti politique : ouvertes, avec un diagnostique partagé, mobilisant les futurs élus, les adhérents, et finissant par une conclusion de Sarkozy avec moultes propositions... Un parti politique qui analyse ses erreurs, qui veut répondre à la crise politique française, qui se prépare sérieusement pour que les élections de 2007 débouchent sur des actions pour la France. Fin 2005, je peux affirmer que je soutiens l'UMP, et que je suis prêt à soutenir autant le PS s'il osait enfin faire cette même démarche.
2005, c'est aussi la campagne pour le référendum européen. Sarkozy, sans ministère mais président du mouvement, fait campagne au sein de son mouvement pour convaincre du oui. Il est très bon dans ces meetings. Je découvre alors sa vision de l'Europe, qui me plaît, ainsi que sa pédagogie. Son franc-parler fait du bien.
2005, c'est aussi Racailles et Karsher, qui ne m'enchantent pas, mais en creusant un peu on voit vite les défauts des médias...
2006 : les conventions de l'UMP continuent, la méthode pour la finalisation du projet et la désignation du candidat se précise. J'approuve encore. En juillet 2006, je lis l'intégralité du PS, écrit entre éléphants sans transparence, avec un budget catastrophique en prévisible. Du vide, des belles paroles, de l'endettement... une horreur !
A partir de septembre 2006 environ : je m'inscrit sur Désir d'Avenir pour ne pas juger Royal sur des impressions mais pour laisser une chance à sa démarche. J'espère qu'elle pourra bousculer le PS suffisamment, même si le temps me paraît court. Prendre le PS de force, par l'extérieur pour qu'il finisse par changer de l'intérieur me semble la seule technique possible à si peu de temps des élections, mais ça me semble difficile et fragile. Mais j'espère quand même.
L'UMP finalise son projet et en fait le chiffrage. Je l'approuve. Je me dis que ce sera difficile de faire mieux pour 2007 côté PS ou autre.
Je participe activement sur le site desirsdavenirg.org, en espérant que le programme de Royal sera le meilleur possible, au cas où elle serait élue. On y lit absolument de tout, je me demande ce qu'il va en sortir.
2007 : Je suis les discours de Sarkozy, je lis François Fillon, j'écoute ce que dit son équipe, je regarde son bilan au conseil général de Hauts-de-Seine, etc. etc. Au final je trouve complètement crédible et cohérent ce qu'il dit, avec ce que je sais de lui depuis que je l'étudie à la loupe. Bref, ça devient quelqu'un que je crois vraiment ! Alors non seulement j'ai envie de son projet, mais je souhaite vraiment que ce soit lui ! En janvier-février, mon choix dévient donc définitif. Et je suis tellement convaincu que ce serait incohérent pour moi de ne pas agir pour son élection.
Mais ça va même plus loin. Il participe à ma réconciliation avec la réussite, l'ambition. Il me donne envie d'oser envisager des choses grandes, et de l'assumer.
Je peux dire aujourd'hui qu'il me pousse à avoir de l'ambition pour ma boîte, à avoir de l'ambition pour la politique locale... C'est inattendu pour moi. Je n'attendais pas autant d'un homme politique. Je suis assez bluffé.
Ce type mérite d'être élu !
dimanche 18 mars 2007
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